L’Assemblée Générale de Organisation des Nations Unies a adopté une résolution majeure sur la mémoire de l’esclavage et la question des réparations, avec 123 voix pour. Trois pays dont l’Argentine, Israël et les États-Unis, s’y sont opposés, tandis que 52 se sont abstenus.
Porté par le Ghana au nom du Groupe africain, le texte appelle à reconnaître pleinement l’ampleur des crimes liés à la traite transatlantique et à l’esclavage, tout en ouvrant la voie à une justice réparatrice. Le Président ghanéen, John Dramani Mahama, a insisté sur la nécessité de « dire la vérité » pour favoriser guérison et justice.
Pendant plus de quatre siècles, des millions d’Africains ont été arrachés à leur terre, réduits en esclavage et déportés vers les Amériques, où ils ont subi des conditions inhumaines dans les plantations. La résolution qualifie cette période comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité, soulignant ses conséquences durables, notamment le racisme systémique et les inégalités persistantes.
Le texte met également en avant l’importance des réparations comme levier de justice historique. Une position rejetée par les États-Unis, dont le représentant a estimé que ces revendications n’avaient pas de fondement juridique en droit international.
Lors de cette commémoration, plusieurs voix ont rappelé l’impact profond de l’esclavage. La présidente de l’Assemblée Générale, Annalena Baerbock, a évoqué une « extraction massive de ressources humaines » qui a durablement affaibli les sociétés africaines.

Le Secrétaire Général de l’ONU, António Guterres, a appelé à des actions concrètes pour lutter contre les héritages de l’esclavage, notamment le racisme et les inégalités, plaidant pour un développement plus inclusif et équitable.
Enfin, la poétesse barbadienne Esther Philips a rappelé, dans une intervention marquante ;
« sans justice réparatrice, il ne peut y avoir de paix », exhortant la communauté internationale à transformer les engagements en actions.
Cette résolution relance ainsi le débat mondial sur la mémoire, la responsabilité historique et les réparations, dans un contexte de fortes divergences entre États.
Lionel IPAKALA & Cadhy Mboma
