Équateur : exploitation illégale de bois à Bolomba, la société chinoise COKIBAFODE au cœur d’un nouveau scandale

Une quinzaine de membres du groupe de travail plaidoyer de la société civile de la Province de l’Équateur se sont réunis ce Jeudi 16 Avril à Mbandaka pour examiner la persistance de l’exploitation illégale de bois d’œuvre dans le territoire de Bolomba, situé à près de 300 kilomètres de la capitale provinciale.

Au centre des échanges : les activités controversées de la société chinoise COKIBAFODE, accusée de poursuivre ses opérations forestières malgré la résiliation officielle de ses concessions n°001 et 002/20. Ces titres avaient été annulés par l’arrêté ministériel du 26 Janvier 2024, publié au Journal officiel en mai de la même année.

Selon Fabien Mungunza, Président du groupe de travail plaidoyer, l’entreprise continue d’exploiter illicitement les ressources forestières dans plusieurs localités, notamment Loanga, Impoko, Likofa, Ifuto, Bokolongo et Elema. Il dénonce également le recours à une main-d’œuvre dépourvue de contrats de travail, en violation flagrante de la législation en vigueur.

Les participants à cette rencontre ont élaboré une note de plaidoyer dénonçant la poursuite de ces activités dans le secteur de Losanganya, dans le territoire de Bolomba. Ils pointent notamment de graves atteintes aux droits des communautés locales.

Parmi les faits évoqués figure le décès tragique, le 4 Avril dernier, de Jean Pierre Mutaba Muyala, 62 ans, victime d’un accident lié à ces opérations et succombant à de graves blessures.
Ce document sera transmis dans les prochains jours au ministre national de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat.

Des copies seront également adressées au Gouverneur de la Province de l’Équateur ainsi qu’au procureur général près la Cour d’appel.
Face à la gravité de la situation, la société civile formule plusieurs recommandations, notamment l’arrêt immédiat et sans condition des activités de COKIBAFODE, le déploiement d’une mission de contrôle sur le terrain, la saisie des bois exploités illégalement, ainsi que l’identification et la poursuite des éventuels complices ayant facilité la poursuite de ces opérations malgré la résiliation des titres.

Elle appelle également au renforcement des mécanismes de surveillance forestière et à une meilleure protection des communautés locales.
Pour rappel, un mémorandum avait déjà été adressé en Novembre 2025 à l’Assemblée Provinciale de l’Équateur pour dénoncer ces pratiques. À ce jour, les exploitants illégaux opérant sous le nom de COKIBAFODE restent difficiles à appréhender.

Peter Gbiako Ngbala
Correspondant Mbandaka

Plus de lectures incontournables

Les plus récents