LECONS D’UNE GUERRE :TRUMP ET EINSTEIN VAINCUS (Tribune de la Professeure Madeleine Mbongo Mpasi)

Entre menaces nucléaires, communication erratique et percées fulgurantes en intelligence artificielle, la professeure Madeleine Mbongo Mpasi décrypte une bascule historique : la guerre d’Iran révèle moins un choc militaire qu’un tournant technologique majeur. Dans cette tribune, elle soutient que ni Donald Trump ni Albert Einstein ne suffisent désormais à penser le monde, à l’heure où la robotique et les sciences cognitives annoncent des conflits instantanés, affranchis de toute distance. La rédaction de la unefm.cd la publie in extenso

Le monde et l’actualité, rendus plus complexes que jamais par la guerre d’Iran, échappent néanmoins aux analystes les plus fins. Beaucoup se sont trompés. Les médias sont alors devenus suiveurs, sinon approximatifs. Trump dit et se dédit.

La communication semble devenue aléatoire. Mais, au-delà des faits exposés sur la scène mondiale, apparemment maîtrisables, se dissimule un futur rapproché brumeux. Il se trame dans les coulisse des laboratoires de l’informatique, de la robotique et des sciences cognitives.

Trump sur scène

Les médias en sont arrivés, par ironie, à énumérer les menaces et ultimatums si régulièrement lancés par le Président Trump. La superpuissance américaine est devenue plutôt relative. Il est vrai, nul ne peut douter des 1.000 milliards de dollars du budget 2026 pour la défense des Etats-Unis. De même, les 70 sous-marins nucléaires et les 11 bases militaires mobiles en format porte-avions et les 5.000 aéronefs de combat sont vraiment capables de réduire « en une nuit » le territoire de l’Iran. La menace de l’élimination d’une « civilisation entière », lancée le 7 avril, reste plausible si l’on se remémore que 90% de l’arsenal nucléaire mondial sont entre les mains des Usa et de la Russie.

Einstein et la relativité

En fait, les journalistes ont toujours appris à ne jamais verser dans l’excès. Leur complicité avec le physicien Albert Einstein est notoire. A sa conception par ce natif d’Allemagne, en 1919, la théorie de la relativité se cherchait un difficile chemin d’originalité dans la science physique, dominée alors depuis le 17ème siècle par l’immense savant anglais Isaac Newton.

Mais, bien loin du continent européen, c’est le quotidien américain New York Times qui a porté la jeune théorie dans ses bras. Il a publié le 10 Novembre 1919 : « la théorie d’Einstein triomphe ». Et, comme pour confirmer son alignement sur cette option scientifique, le journal s’est lancé dans la montée en puissance ainsi que la renommée du savant. Ses publications et ses prises de position d’Einstein ont été largement relayées par cet organe de presse, à travers de nombreux écrits et interviews.

La presse en est même arrivée à ne pas présenter comme une contradiction avérée deux des prises de position d’Albert Einstein par rapport à la bombe atomique. D’une part, le 2 Août 1939, il adresse au Président américain Roosevelt une lettre dans laquelle il a dénoncé la capacité atteinte par le régime d’Adolf Hitler de fabriquer une bombe nucléaire. D’autre part et par la suite, il a publiquement regretté d’avoir soupçonné sans raison l’Allemagne de velléités nucléaires, alors que ce sont les Etats-Unis qui ont produit cette bombe et ont utilisé cette bombe atomique à Hiroshima et à Nagasaki.
La relativité d’Albert Einstein n’était donc pas qu’une théorie. Elle a réellement été un état d’esprit.

Trump et Einstein vaincus

Or, à ce jour, les laboratoires de robotique et de sciences cognitives sont en course contre la relativité. La distance, qui fut longtemps l’obstacle à la communication, est sur le point d’être vaincue. Grâce aux satellites, l’armement balistique est forgé dans l’objectif d’atteindre la vitesse de la lumière, qui est la limite absolue. Jusqu’ici le monde redoutait les Chefs d’Etat qui détenaient entre leurs mains la capacité d’appuyer sur le « bouton rouge », dispositif de lancement de l’arsenal nucléaire.

Ainsi notamment, en guise de vœux de l’an 2018, les Présidents Trump et Kim Jong-Un se sont salués en se rappelant, l’un à l’autre, qu’à Washington et à Pyongyang le « bouton rouge était toujours sur la table ».Cependant, les recherches actuelles sont parvenues à commander les robots rien que par la pensée. Devenu un organe d’impulsions à distance, directement associé à l’action, le cerveau peut maintenant télé-piloter les robots et les drones. La guerre d’Iran se trouve ainsi dépassée.

Celle de demain ne sera plus relative. Elle dépassera la théorie de la relativité d’Einstein et les ultimatums instables de Trump. La guerre du futur s’annonce instantanée. La communication aura
donc vaincu la distance.

La Professeure Madeleine Mbongo Mpasi

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