Engagé dans la recomposition de la gouvernance du football congolais, Vidiye Tshimanga est désormais en conflit ouvert avec la direction de la FECOFA. Le différend autour du dossier Chadrack Bingi Belo, opposant le FC Les Aigles du Congo au TP Mazembe, cristallise les tensions et soulève des interrogations sur les rapports de force au sommet du football national.
De l’artisan du changement au protagoniste d’un bras de fer avec la nouvelle équipe fédérale, le parcours de Vidiye Tshimanga illustre les difficultés qui peuvent surgir lorsque les alliances nouées autour d’une réforme se heurtent aux réalités de la gouvernance.
Président du FC Les Aigles du Congo, Tshimanga s’est investi dans les débats sur la révision des textes et le renouvellement des instances du football congolais. Mais les tensions avec certains responsables de la nouvelle gouvernance de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) placent aujourd’hui cet engagement au centre des interrogations.
Le dossier Bingi Belo met le feu aux poudres
Le différend autour de Chadrack Bingi Belo, qui oppose les Aigles du Congo au TP Mazembe, a pris une dimension qui dépasse le cadre sportif. Les échanges tendus entre Vidiye Tshimanga et Frédéric Kitenge Kikumba, suivis d’une correspondance ferme de la FECOFA au Président des Aigles, ont accentué les crispations.
Dans ce courrier, l’instance fédérale évoque d’éventuelles conséquences sur l’affiliation du club. Cette perspective place le dossier sur un terrain institutionnel sensible, où le respect des règlements et la proportionnalité des décisions sont essentiels.
Tshimanga met en cause la gouvernance fédérale
Vidiye Tshimanga reproche à Véron Mosengo-Omba, nouveau Président de la FECOFA, de laisser, selon lui, une influence excessive au TP Mazembe dans la gestion du football national. Une accusation qui soulève la question de l’équilibre entre les clubs et les instances fédérales.
Toutefois, ces critiques ne suffisent pas à établir l’existence d’un traitement de faveur.
Seuls l’examen des décisions contestées, les éléments vérifiables et les procédures prévues par les textes peuvent permettre d’apprécier le bien-fondé des griefs. L’enjeu est donc moins de départager les protagonistes sur le terrain médiatique que de déterminer si les règles sont appliquées de manière transparente et équitable.
Des alliances fragilisées par les divergences
Le conflit actuel met également en lumière les fractures apparues au sein des réseaux qui ont accompagné le renouvellement des instances. Auparavant engagé dans une dynamique de changement, Tshimanga se retrouve aujourd’hui en opposition avec des responsables de la nouvelle équipe de la Fédération Congolaise de Football Association.
Cette situation rappelle que les convergences autour d’un projet ne garantissent pas un accord durable sur sa mise en œuvre. Pour autant, qualifier le président des Aigles de « traître » ou de victime de ses propres choix relève davantage du jugement que d’une conclusion établie.
La FECOFA face à l’exigence d’impartialité
La sortie de crise dépendra de la capacité des parties à privilégier les mécanismes institutionnels plutôt que l’escalade publique. La FECOFA est particulièrement attendue sur la clarté de ses décisions, leur conformité aux textes et l’égalité de traitement des clubs.
De son côté, chaque dirigeant doit pouvoir présenter ses griefs dans le respect des procédures et sans transformer un différend sportif en affrontement personnel.
Au fond, la question centrale n’est pas de savoir qui a trahi qui, mais si la nouvelle gouvernance peut garantir une gestion impartiale, transparente et crédible du football congolais. C’est à cette exigence, bien plus qu’aux déclarations des protagonistes, que se mesurera la portée du changement annoncé.
Zéphyr Kaninda Mukanya, Consultant sportif
