La finale de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc, pays hôte, et le Sénégal a frôlé un scénario catastrophe. Au cœur de la tempête : un but sénégalais refusé, une VAR silencieuse et une décision arbitrale vivement contestée par le camp des Lions de la Teranga.
Au micro de Charles Mbuya au coup de sifflet final, après les mi temps de la prolongation, Sadio Mané, capitaine du Sénégal, a laissé entendre s’être entretenu directement avec l’expérimenté technicien français Claude Le Roy au plus fort de la tension :
« L’arbitre VAR n’a pas appelé l’arbitre central sur le but du Sénégal qui a été refusé. C’est cette injustice que le staff sénégalais dénonce. Qu’est-ce que tu nous conseilles ? », a-t-il souligné auprès de Celui l’Afrique du football appelle ” le Sorcier blanc” .
La réponse de Claude Le Roy, figure respectée du football africain, a été empreinte de sagesse et de lucidité :
« Dans le football, il y a souvent des injustices. Dis à tes camarades de revenir sur le terrain et de reprendre le match. C’est la meilleure solution. »
Prenant la mesure de l’enjeu, Sadio Mané a , alors immédiatement couru vers les vestiaires pour convaincre ses coéquipiers de revenir sur la pelouse. Un geste décisif qui a permis d’éviter l’interruption définitive de la finale.
Une sortie controversée du staff sénégalais
Cette séquence met cependant en lumière la responsabilité du staff technique sénégalais. Le sélectionneur Pape Thiaw est vivement critiqué pour avoir appelé ses joueurs à quitter le terrain, un acte jugé inapproprié à ce niveau de compétition et dans un match aussi symbolique.
Pour de nombreux observateurs, cette réaction rappelle un précédent historique en Coupe du monde, où un émir avait ordonné à ses joueurs de quitter le stade à la suite d’une décision arbitrale contestée. Mais dans le cas présent, la polémique est d’autant plus forte que le but sénégalais avait bel et bien été annulé sans recours à la VAR.
L’arbitrage au cœur du débat
Selon plusieurs avis techniques, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, pourtant salué pour la qualité globale de son arbitrage, aurait pu, voire dû, consulter la VAR sur l’action litigieuse. Le but refusé faisait suite à une supposée poussée sur Achraf Hakimi, une phase qui méritait un visionnage approfondi afin de dissiper toute controverse.
Claude Le Roy, le pompier de service
Au final, c’est bien Claude Le Roy qui apparaît comme l’homme providentiel de cette finale tendue. Par son calme et son sens de la responsabilité, il a contribué à sauver l’image de la CAN et à préserver l’esprit du jeu, dans un contexte électrique et sous la pression d’un stade acquis à la cause marocaine. Mane dit avoir aussi consulté El Adj Diouf , ancienne Gloire du football sénégalais et africain, ainsi que le Capitaine Coulibaly Suspendu pour cette finale.
Une leçon de sang-froid et de maturité dans un football africain encore trop souvent secoué par des décisions arbitrales polémiques et des réactions émotionnelles.
Lionel IPAKALA
