La Regideso SA intrigue de faire payer à la population Kinoise les dettes criardes de l ‘Etat. Près de 800 millions USD d’arriérés des factures d’eau, à fin Janvier 2026 ! « (…)
considérant, la nouvelle tarification promise par le gouvernement de 1,5 USD contre 0,83 USD (une faible tarification) et un chiffre d’affaires mensuel de 17,5 millions USD, la Regideso SA obtiendrait … des ressources additionnelles de l’ordre de 8,4 millions USD/mois soit 50,4 millions USD pour six mois », lit-on dans une correspondance de l’unique entreprise de traitement et de distribution d’eau malgré le régime de libéralisation introduit en 2014.
En cette année-là, la Regideso SA avait résolu d’effacer 150 millions USD des dettes de l’Etat dans l’espoir que le gouvernement Kabila saurait honorer ses obligations reprises clairement dans un poste des dépenses dans le budget doté des crédits destinés à couvrir des engagements transversaux de l’Etat: les charges communes. Hélas, c’est plutôt la BAD qui s’emploiera à payer quelques factures avant de laisser le gouvernement face à ses responsabilités.
Le régime politique change, mais rien ne change pour la Regideso SA :
« L’Etat continue à ajouter des écoles, des églises, des personnalités politiques sur la liste des Charges communes … même les institutions publiques et privées qui sont des affaires pour réaliser des profits veulent de l’eau gratuitement », a déploré, mi-juin 2025, le DG de la Regideso SA, David Tshilumba devant l’Assemblée nationale.
Pourtant, Dans la circulaire n°004/ME/MIN.BUDGET/2025 du 14/07/2025 contenant les instructions relatives à l’élaboration de la loi des finances de l’exercice 2026 héritée d’Aimé Boji Sangara Bamanyirwe par Adolphe Muzito Fumunsi, il est précisé que « les dépenses liées à l’eau et à l’électricité des instances officielles et autres à travers toute le République, conformément à l’arreté n°003 /CAB//MIN/BUDGET/2006 du 06 avril 2006 fixant les critères d’éligibilité aux charges communes, sont facturées par la REGIDESO SA et la SNEL SA lesquelles sont conviées à transmettre les prévisions de ces consommations et les relevés des arriérés de paiement à la Direction de l’intendance générale et centralisation des crédits (DIG-CC) ». 40% d’eau de la REGIDESO vont chez les ministres, PCA, DG… et proches qui ne paient pas des factures .
Tant pis pour personne !
Au 31 Mai 2025, les arriérés des factures d’eau des institutions publiques s’élevaient à 598 millions USD. Trois mois plus tard, au 31 Août, ils ont grimpé à 638 millions USD.
A fin Janvier 2026, l’ardoise aurait affiché environ 800 millions USD. Selon une note interne à la REGIDESO SA dont LaUnefm.cd a obtenu copie, la facture mensuelle de consommation d’eau des institutions publiques est passée de 6 à 7 millions USD le mois. Les institutions publiques et de fameux « ayant-droits », pour reprendre le mot de l’entreprise d’utilité publique, consomment 40 % de la production d’eau de la Regideso SA. :
Mais «Ce sont des pauvres et la classe moyenne qui continuent à financer [la Regideso SA] contrairement à ceux qui ont pourtant un niveau de vie supérieur et qui peuvent s’acquitter facilement de leurs factures d’eau qui ne coutent que 20 à 30 USD par mois », a déploré le DG de la Regideso SA devant les élus du peuple.
L’entreprise publique déplore également que les instructions de la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, de lui payer 2 millions USD/ mois et 4 milliards CDF/mois soient restées lettres mortes. Pis, la Regideso SA ne bénéficie même pas des allègements fiscaux que l’Etat distribue comme de petits pains aux entreprises privées indopakistanaises, libanaises, etc ., chinoises.
A fin Août 2025, l’entreprise accusait plus de 240 millions USD d’arriérés fiscaux. Pourtant, pour sa rentabilité et sa viabilité, la Regideso SA a dit avoir un besoin urgent de 60,4 millions de dollars dont 25 millions pour l’achat de divers équipements, combattre les érosions, remplacer des tuyaux, etc., Lassée des promesses non tenues du gouvernement, la Regideso a visiblement adopté des tarifications particulièrement élevées pour ses abonnés des communes et quartiers présumés nantis (Gombe, quartiers industriel et résidentiel Limete, Bon-marché) ou encore ceux habitant des immeubles.
Les associations de défense des consommateurs sont en alerte.
Abigail Mirari (stagiaire)
