La situation humanitaire reste dramatique sur le site de déplacés de Kongakonga, situé dans la commune de Kisangani, Près de trois ans après leur fuite des violences intercommunautaires Mbole–Lengola, ces populations continuent de vivre dans une extrême précarité, avec un lourd bilan humain.
Selon le bourgmestre de la commune, 191 décès ont déjà été enregistrés parmi les déplacés installés sur ce site depuis février 2023. La majorité de ces morts est liée au manque criant de nourriture, de soins médicaux et de conditions de vie décentes :
« Les déplacés meurent faute de médicaments et de nourriture. Beaucoup d’enfants et d’adultes souffrent de malnutrition. Malgré nos moyens très limités, la commune prend en charge les frais du cercueil et du cimetière pour chaque enterrement », a confié l’autorité communale au correspondant de Launefm .cd à Kisangani.
Une population livrée à elle-même
De son côté, Mwaka Caty, responsable du site de Kongakonga, décrit une situation de détresse généralisée :
« Nos maisons, nos champs et nos forêts ont été détruits ou spoliés. Ici, nous dormons à même le sol, sans nourriture. Pour survivre, nous faisons de petits travaux chez des familles. Il y a beaucoup de divorces, nos enfants ne vont plus à l’école et passent leurs journées à mendier dans la rue », témoigne-t-elle.
Elle ajoute que les déplacés se sentent totalement abandonnés, sans perspective de retour ni de réinstallation digne.
Appel urgent à l’aide
Face à cette catastrophe humanitaire, le bourgmestre de la commune Kisangani lance un appel pressant aux autorités nationales, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin de venir en aide aux milliers de déplacés de Kongakonga.
Les déplacés, pour leur part, saluent le soutien ponctuel de Madeleine Nikomba, ancienne gouverneure de la Tshopo, ainsi que l’engagement du bourgmestre Bokendi Liyele Jupson, pour sa proximité et ses efforts en matière de sécurité.
Cependant, ces appuis restent largement insuffisants au regard de l’ampleur de la crise.
Trois ans après leur exil forcé, les déplacés de Kongakonga continuent de vivre un calvaire quotidien, dans l’indifférence quasi totale, pendant que les décès s’accumulent dans un silence inquiétant.
Gabriel Makabu Correspondant/Kisangani
