Nord-Kivu : plus de 200 morts dans un éboulement meurtrier à Rubaya, en zone minière sous contrôle rebelle

Un éboulement d’une rare violence a coûté la vie à plus de 200 personnes le 3 Mars 2026 sur des sites d’exploitation artisanale à Rubaya, dans le territoire de Masisi, Province du Nord-Kivu , a annoncé le Gouvernement de la République Démocratique du Congo par le biais du ministère des Mines.

Selon les autorités, le drame est survenu après des pluies diluviennes exceptionnelles qui ont fragilisé le sol, provoquant un glissement de terrain massif. Plusieurs galeries artisanales ont été ensevelies, piégeant de nombreux creuseurs.

Un bilan humain alarmant

Le bilan provisoire fait état de plus de 200 morts, parmi lesquels environ 70 enfants mineurs. De nombreux blessés ont été évacués vers des structures sanitaires à Goma pour une prise en charge médicale.

Les opérations de secours sont compliquées par la situation sécuritaire dans cette zone actuellement sous occupation de la rébellion AFC/M23, ce qui limite l’intervention directe des services étatiques.

Un site classé « zone rouge »

Le ministère des Mines rappelle que le site de Rubaya avait été officiellement reclassé en « zone rouge » par l’Arrêté ministériel n°00031/CAB.MIN/MINES/01/2025 du 12 Février 2025, prorogé par l’Arrêté n°00734/CAB.MIN/MINES/01/2025 du 3 Novembre 2025.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des normes du mécanisme régional de certification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et des directives de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) relatives à l’approvisionnement responsable en minerais issus de zones de conflit ou à haut risque.

Le classement en « zone rouge » interdit formellement toute activité d’extraction et de commercialisation des minerais provenant de cette aire, en raison des risques élevés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés.

Absence d’encadrement et exploitation à haut risque

Les autorités dénoncent les conditions d’exploitation jugées extrêmement précaires dans cette zone échappant au contrôle de l’État. L’absence du Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et à petite échelle (SAEMAPE), ainsi que des services de régulation, prive les exploitants artisanaux de tout encadrement technique et sécuritaire.

Les mesures annoncées

Face à cette catastrophe, le Gouvernement annonce plusieurs actions :

  • Un suivi humanitaire renforcé : la Division provinciale des Mines basée à Beni assure le suivi des opérations de secours et appuie les appels des partenaires humanitaires, notamment en faveur de la protection des enfants.
  • Le rétablissement de l’autorité de l’État : les autorités réaffirment leur détermination à restaurer l’intégrité territoriale afin de mettre un terme à l’exploitation illégale et dangereuse des ressources naturelles.
  • La transparence de l’information : des mises à jour régulières seront publiées au fur et à mesure de l’identification des victimes.

Dans un message de compassion, le ministère des Mines a présenté, au nom du Gouvernement, ses condoléances aux familles des victimes et à l’ensemble de la Nation, frappée par cette tragédie humaine.

Jennifer Mazemba

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