Les organisations de défense des droits de l’homme réunies au sein d’un collectif ont exprimé, lundi 9 Février, leur vive inquiétude face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, depuis le début de la rébellion de l’AFC/M23.
Réunis au siège de l’Association des Jeunes pour la Défense des Droits de l’Homme AJDDH en sigle , les activistes ont dénoncé l’attaque récente contre l’aéroport international de Bangboka, un événement qui, selon eux, a plongé la population dans une profonde psychose. Dans leur déclaration, ils estiment que cette attaque constitue un signal alarmant illustrant l’ampleur des menaces qui pèsent non seulement sur la province de la Tshopo, mais aussi sur la ville de Kisangani en particulier :
« Nous refusons que Kisangani replonge dans les tragédies du passé », ont-ils martelé, en disant non à la banalisation des faits sécuritaires et au silence face aux risques grandissants.
Des recommandations aux autorités
Face à cette situation, le collectif a formulé plusieurs recommandations aux autorités nationales et provinciales. À Kinshasa, ils demandent le renforcement urgent des capacités opérationnelles des Forces Armées de la RDC, les FARDC notamment à travers la dotation en moyens humains, logistiques et matériels nécessaires pour assurer une riposte rapide et efficace contre toute attaque.
Au gouvernement provincial de la Tshopo, les défenseurs des Droits Humains recommandent de renforcer les dispositifs de sécurité autour des deux aéroports de Kisangani, des ports fluviaux, des axes sensibles et des sites stratégiques de la ville. Ils plaident également pour l’intensification du contrôle des mouvements de la population afin de prévenir toute infiltration, la mise en place de patrouilles mixtes FARDC–Police Nationale Congolaise , PNC de jour comme de nuit, ainsi que l’instauration d’un système d’alerte permettant de signaler tout comportement suspect.
Appel à la population
Les activistes ont par ailleurs appelé la population de Kisangani à rester vigilante sans céder à la panique. Ils invitent les habitants à dénoncer tout mouvement suspect auprès des services compétents, à se prémunir contre les tentatives de manipulation et à éviter la propagation de rumeurs et de fausses informations, en privilégiant les canaux officiels.
Gabriel Makabu, correspondant/ Kisangani
