Au moins 7.000 civils ont été tués en six ans dans la région de Beni-Lubero, au Nord-Kivu, selon un rapport rendu public, vendredi 20 février à Goma, par un consortium d’organisations de défense des droits humains.
Ce consortium est composé de la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), d’Actions pour les droits humains (APDH), de la Diaspora plurielle congolaise (DPC), du Collectif Gakondo et de la Mutualité Isoko.
D’après le rapport, entre 2020 et 2024, au moins 5 106 civils ont été « lâchement abattus » dans la région. Entre 2024 et 2026, plus de 2 000 autres civils auraient encore perdu la vie, malgré les opérations militaires conjointes (FARDC et UPDF) dans la zone.
« Ces chiffres imposent une vérité : nous ne sommes pas face à une crise ponctuelle, mais face à un système de violences qui perdure », a déclaré Jean Paul PALUKU NGAHANGONDI, membre du consortium.
Les massacres sont en grande partie attribués aux Allied Democratic Forces (ADF), groupe armé d’origine ougandaise actif dans la région. Toutefois, le consortium évoque également l’implication de certains groupes armés locaux, notamment des factions Maï-Maï, ainsi que l’existence de réseaux de corruption impliquant certains officiers dans la vente d’armes et de munitions à des groupes armés.
Le rapport dénonce par ailleurs de graves dysfonctionnements dans la gestion de la sécurité, citant notamment des détournements de moyens logistiques, le trafic d’armes, la mauvaise gestion des fonds sécuritaires et l’exploitation illégale des ressources naturelles. Selon ces organisations, ces pratiques profiteraient, sans les citer, à certains acteurs politiques et militaires.
Les signataires appellent au démantèlement de tous les réseaux qui, selon eux, transforment la lutte contre les ADF en un système enrichissant quelques individus, tandis que la population continue de payer un lourd tribut. Il sied de rappeler que le rapport sur la situation sécuritaire dans la région de Beni-Lubero a été publié à Goma, ville sous occupation rebelle (AFC/M23) soutenue par Kigali.
