Sud-Kivu–Maniema : MSF a multiplié les opérations de sauvetage en 2025

Face à la dégradation rapide de la situation humanitaire dans l’Est de la RDC, Médecins Sans Frontières a intensifié sa réponse d’urgence en 2025. Six interventions majeures ont été menées dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema pour contenir des épidémies et venir en aide à des milliers de déplacés fuyant les violences armées.

Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé, au cours de l’année 2025, six opérations d’urgence dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema à travers son équipe spécialisée RUSC (Réponse d’Urgence et de Surveillance au Congo). Ce chiffre marque une nette augmentation par rapport aux deux années précédentes, dans un contexte de crise humanitaire aggravée et de baisse des financements internationaux.

Dans un communiqué reçu ce lundi 9 février, l’ONG médicale internationale précise que ces interventions ont été déclenchées par des urgences sanitaires, majeures, notamment des flambées de rougeole et de choléra ainsi que par des déplacements massifs de populations provoqués par la reprise des combats armés.

Des épidémies sous contrôle partiel
MSF indique que ses équipes sont intervenues à trois reprises contre la rougeole, notamment dans les zones de Kasongo et Kabambare (Maniema) ainsi qu’à Minova (Sud-Kivu).
Ces opérations ont permis de vacciner 75 000 enfants de moins de cinq ans et de prendre en charge 4 500 patients.

À Lomera, dans le Sud-Kivu, une autre mission a ciblé une épidémie de choléra, avec 11 000 personnes vaccinées et 760 malades traités dans des centres soutenus par MSF.
Soutien vital aux déplacés de guerre
Deux autres interventions ont été consacrées aux populations déplacées à Katana, Kalehe, Bunyakiri et Minova, contraintes de fuir les affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23.

Dans ces zones, MSF a appuyé des structures de santé débordées pour assurer :

des consultations médicales,
des accouchements,
des interventions chirurgicales,
la prise en charge des enfants malnutris
et l’assistance aux survivantes de violences sexuelles.

Au total, 35 000 consultations et 10 800 hospitalisations ont été enregistrées.
Un accès humanitaire toujours menacé
Malgré ces efforts, MSF alerte sur les difficultés persistantes d’accès aux populations, en raison de l’insécurité et du contrôle de plusieurs zones par des groupes armés.

L’organisation plaide pour un meilleur accès humanitaire, une protection accrue des civils et un renforcement du système de santé, gravement fragilisé par des années de conflit.
Pour l’année 2026, l’équipe d’urgence RUSC de MSF se dit en état d’alerte permanente au Sud-Kivu, alors que les besoins humanitaires demeurent extrêmement élevés dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo.

Fiston Muhindo
Correspondant/Goma

Plus de lectures incontournables

Les plus récents