Paludisme en RDC : une Taskforce renforce la coordination PNLP-Société civile

Le paludisme reste l’une des principales causes de morbidité et de mortalité en République Démocratique du Congo. Selon le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), le pays a enregistré plus de 29 millions de cas et 21 000 décès en 2024. Face à l’ampleur de l’épidémie, les autorités et les acteurs de la santé misent désormais sur une implication plus structurée des organisations de la société civile (OSC).

Lors d’une session de coordination organisée récemment par Impact Santé Afrique, le réseau Civil Society for Malaria Elimination (CS4ME) RDC a présenté sa redynamisation stratégique. L’objectif : transformer des initiatives isolées en une force collective cohérente, alignée sur les priorités nationales et capable de produire des résultats mesurables.

Les OSC jouent déjà un rôle clé sur le terrain. Elles facilitent l’accès aux communautés, influencent les comportements et renforcent l’adhésion aux interventions de prévention, de dépistage et de traitement. Elles assurent aussi une fonction de veille et de redevabilité en documentant les réalités locales, en identifiant les gaps dans la mise en œuvre et en interpellant les décideurs. En tant que force de plaidoyer, elles portent la voix des populations et contribuent à orienter l’allocation des ressources. Leur agilité leur permet également d’expérimenter des approches innovantes adaptées aux contextes locaux.

Malgré ce potentiel, l’absence d’un cadre formel de coordination avec le PNLP limite encore leur impact. Pour y remédier, la Taskforce CS4ME RDC-PNLP a été mise en place. Ce mécanisme prévoit un dialogue trimestriel structuré où les OSC présentent leurs réalisations et les données issues du terrain, tandis que le PNLP fournit des orientations techniques et programmatiques actualisées. Les contributions de la société civile sont ensuite consolidées et valorisées dans une logique de prise de décision.

Cette initiative vise à améliorer l’alignement des interventions communautaires avec la stratégie nationale, renforcer la qualité et la crédibilité des actions menées par les OSC, et assurer une meilleure capitalisation et visibilité des résultats. Elle s’inscrit dans l’alignement opérationnel d’Impact Santé Afrique et contribue à l’Outcome 2 du programme, qui porte sur la responsabilisation accrue des acteurs nationaux et régionaux, notamment à travers le renforcement des capacités des OSC et les initiatives conjointes de plaidoyer.

La session de coordination a défini plusieurs objectifs concrets : permettre aux OSC de présenter leurs réalisations trimestrielles, identifier les défis et les bonnes pratiques, partager les orientations du PNLP, formuler des recommandations conjointes pour le trimestre suivant, et renforcer la participation des OSC au processus GC8 du Fonds mondial. Les mécanismes de collaboration PNLP–OSC seront également formalisés pour optimiser leur implication dans les interventions prioritaires et les campagnes nationales.

La Taskforce réunit 37 participants, dont 8 représentants du PNLP, 21 membres du CS4ME RDC, 4 facilitateurs d’Impact Santé Afrique, un représentant du CCM et 3 partenaires techniques et financiers, dont SANRU.

Parmi les livrables attendus figurent un rapport de l’activité, une synthèse consolidée des réalisations des OSC, une liste priorisée de recommandations et un plan de suivi trimestriel de leur mise en œuvre. Pour les acteurs impliqués, ce cadre marque une étape vers une gouvernance plus participative de la lutte contre le paludisme en RDC.

O.Luamuele

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