Le Conseil d’administration du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a nommé, le 28 octobre 2026 lors de sa 56ème réunion à Genève, le Dr Mark Dybul comme nouveau Directeur exécutif de l’organisation. Il entamera un mandat de quatre ans début 2027, succédant à Peter Sands en poste depuis 2018.
C’est un retour aux commandes pour ce médecin et diplomate américain, qui avait déjà dirigé l’institution de 2013 à 2017. Ancien Coordonnateur américain de la lutte mondiale contre le sida (2006-2009) et architecte du PEPFAR, le programme américain de lutte contre le sida, Mark Dybul est actuellement professeur de médecine à l’Université de Georgetown et co-fondateur du Center for Global Health Practice and Impact (CGHPI).
Sa nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le partenariat mondial. Le Fonds fait face à un déficit de financement sans précédent de 5,32 milliards de dollars après sa 8ème reconstitution, qui n’a mobilisé que 12,68 milliards sur les 18 milliards visés, selon Health Policy Watch. Le Fonds s’apprête également à gérer la transition de 63 composantes de subventions dans 35 pays vers un financement domestique.
Face à ces défis, la plateforme Civil Society for Malaria Elimination (CS4ME) a immédiatement réagi pour interpeller le futur dirigeant sur ses priorités.
Dans une déclaration, CS4ME, qui regroupe plus de 1 000 organisations de la société civile et groupes communautaires dans 50 pays, principalement en Afrique et en Asie du Sud, estime que les progrès dans la lutte contre le paludisme stagnent dans de nombreux pays africains. La plateforme identifie parallèlement la résistance aux médicaments antipaludiques comme une menace directe pour l’efficacité des outils actuels.
CS4ME demande donc à Mark Dybul de faire de la résistance aux médicaments antipaludiques (AMDR) une « priorité centrale des interventions du Fonds mondial dans la lutte contre le paludisme ».
Au-delà de la question biomédicale, la plateforme appelle à un changement de paradigme opérationnel. Elle demande le renforcement des réponses portées par les communautés et appelle à investir massivement dans les systèmes de santé communautaires et à financer les mécanismes permettant aux communautés de participer au suivi des interventions.
Les populations clés et vulnérables, les adolescentes et les jeunes femmes ainsi que les personnes touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme sont citées parmi les groupes devant bénéficier prioritairement de ces interventions, avec une attention particulière aux zones les plus difficiles d’accès.
Pour CS4ME, dont le secrétariat est assuré par Impact Santé Afrique (ISA), organisation basée à Yaoundé au Cameroun, la participation des personnes concernées n’est pas une option mais un principe fondateur. La plateforme rappelle que le Fonds mondial « n’a jamais été une simple institution de financement » et qu’il repose sur l’idée que les personnes vivant avec ou touchées par les trois maladies doivent contribuer à façonner les réponses qui les concernent.
« Nous resterons mobilisés, veillerons à ce que les engagements du partenariat soient respectés et travaillerons avec sa direction pour mettre fin aux épidémies », affirme CS4ME, tandis que sa coordinatrice Olivia Ngou indique que les communautés africaines sont disposées à travailler avec le nouveau Directeur pour que « les personnes touchées restent au cœur de l’action ».
M.Luamuele
