La campagne de distribution des Moustiquaires Imprégnées d’insecticides (MILD) menée dans la province du Kwilu, au sud-ouest de la République Démocratique du Congo, a fait l’objet d’une analyse managériale approfondie présentée dans un mémoire de Diplôme d’études approfondies DEA , soutenu mardi 13 janvier à l’Université du Cepromad (Unic), à Kinshasa, a appris l’ACP de source universitaire.
Intitulée: « Analyse managériale de la Campagne de Distribution de la Moustiquaires Imprégnée d’Insecticides en province du Kwilu : apport du modèle ABC en management de la santé publique », cette étude met en évidence la pertinence du modèle ABC comme outil de gestion des interventions sanitaires.
Selon les conclusions du travail, cette approche contribue à améliorer la transparence, la redevabilité et la performance, notamment dans des contextes de crise, rapporte l’ACP.
L’auteur du mémoire, l’assistant Aimé Yiyi Mantempa, a indiqué que les résultats de l’enquête ont révélé un taux de conformité globale supérieur à 97 % des ménages contrôlés. L’étude a toutefois mis en lumière certaines faiblesses, notamment des cas isolés de fraude, de sous-déclaration et une couverture insuffisante dans certaines zones.
Malgré ces difficultés, la campagne a démontré une capacité d’adaptation rapide face aux contraintes liées à la pandémie de COVID-19.
S’appuyant sur une théorie d’action structurée, l’approche ABC a permis de valoriser les acteurs locaux, de renforcer la responsabilisation des partenaires contractuels et de consolider la confiance des partenaires techniques et financiers, a précisé le récipiendaire, selon l’ACP.
L’impétrant a néanmoins souligné que l’efficacité de cette approche dépend du renforcement de plusieurs leviers complémentaires, notamment l’amélioration des infrastructures numériques et logistiques, une mobilisation communautaire permanente, un suivi-évaluation de qualité ainsi qu’une capacité de correction rapide des écarts constatés sur le terrain.
Intervenant sur l’application du modèle ABC, Aimé Yiyi Mantempa a estimé que son déploiement dans un contexte complexe comme celui de la Province de Kwilu, en pleine crise sanitaire liée à la COVID-19, a démontré son potentiel à améliorer la qualité, la transparence et l’efficacité des interventions de santé publique. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un renforcement des compétences, d’une digitalisation accrue et d’une participation communautaire active afin d’en maximiser l’impact.
Au regard de ces résultats, cette approche managériale pourrait être étendue à d’autres secteurs de la santé communautaire en RDC, notamment les campagnes de vaccination, la santé maternelle et infantile, ainsi que la lutte contre d’autres maladies endémiques telles que la trypanosomiase, indique encore l’ACP.
Cette démarche apparaît ainsi comme une voie prometteuse vers une gestion plus stratégique, plus équitable et plus responsable du système de santé congolais, à condition qu’elle soit adaptée aux réalités locales et soutenue par un leadership institutionnel fort, a conclu le chercheur.
Le mémoire a été dirigé par le professeur émérite Nsaman-O-Lutu, recteur magnifique de l’Université du Cepromad. Le jury était composé des professeurs Albert Muluma, Kalala Munyanga, Yere Abope, Joseph Lokando, Emery Mbiya, Massa Nes Kitoko, Daddy Onken, Audin ABN et Ondain Ansoom.
Licencié en management, détenteur d’une maîtrise en Santé Publique et d’un Diplôme universitaire en recherche sur les Systèmes de Santé, Aimé Yiyi Mantempa est également médecin podologue. Cette recherche lui a valu l’obtention du grade de DEA en management et sciences économiques.
Jennifer Mazemba
