RDC : la flambée du VIH chez les jeunes inquiète les autorités sanitaires

La République Démocratique du Congo continue de faire face à une dynamique préoccupante de nouvelles infections au VIH/SIDA, particulièrement chez les jeunes de moins de 25 ans. L’alerte a été lancée par le Programme National Multi sectoriel de Lutte contre le Sida PNMLS,
dans des propos relayés jeudi par l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

D’après le Dr Pépé Ngwasi, Directeur du Département du partenariat et de la coopération bi- et multilatérale au sein du PNMLS, les données collectées en 2024 indiquent qu’environ 15 000 jeunes ont contracté le VIH, la majorité avant l’âge de 25 ans. Une situation qui, selon lui, montre que la courbe des nouvelles contaminations peine encore à s’inverser, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes :

« Le PNMLS est au cœur de la riposte nationale, mais les indicateurs révèlent que la transmission du VIH demeure élevée chez les jeunes », a-t-il expliqué.

Un des principaux facteurs de cette vulnérabilité reste la faible maîtrise des moyens de prévention. Toujours selon le Dr Ngwasi, seuls 22 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans disposent d’une connaissance adéquate des principaux modes de transmission du VIH, un déficit d’information qui fragilise les efforts de prévention.
À cela s’ajoutent plusieurs difficultés structurelles.

De vastes zones du pays, notamment les milieux ruraux et les camps de déplacés, souffrent d’un manque d’infrastructures sanitaires, ce qui limite l’accès aux tests de dépistage, aux kits de prévention, aux traitements antirétroviraux (ARV) et au suivi médical. La stigmatisation, encore très répandue, freine également le recours volontaire au dépistage et aux soins précoces, en particulier chez les jeunes.

Le PNMLS pointe aussi la persistance de la transmission mère-enfant, due à une prévention encore insuffisante dans certaines structures de santé.
Sur le plan financier, la riposte nationale reste largement tributaire des partenaires internationaux.

La RDC dépend notamment du PEPFAR, du Fonds Mondial, des Agences des Nations Unies et de plusieurs ONG. Or, les récentes restrictions de l’aide extérieure ont fragilisé de nombreux programmes de prévention et de dépistage, rendant plus difficile la lutte contre l’épidémie.

Selon les dernières estimations de l’ONUSIDA, reprises par l’ACP, près de 26 000 nouvelles infections ont été enregistrées en 2025 en RDC, confirmant la persistance , voire une légère recrudescence, de la transmission du VIH malgré les efforts déployés.
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à un renforcement de la prévention ciblée sur les jeunes, à une meilleure information et à un engagement financier plus soutenu pour inverser durablement la tendance.

Jennifer Mazemba

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