Une mère dénonce ce qu’elle considère comme une grave légèreté dans la prise en charge de sa fille malade au Centre de Santé Likabo, situé dans le quartier Gulf, commune de Ngaliema, à Kinshasa. Après avoir payé consultation et examens médicaux, elle affirme avoir appris plusieurs heures plus tard que le prélèvement de sa fille n’avait pas pu être analysé, le flacon contenant l’échantillon s’étant, selon le laboratoire, brisé.
Le récit de cette mère, recueilli par la rédaction de la UNEFM.CD, soulève des interrogations sur la rigueur avec laquelle certains prélèvements médicaux sont manipulés et conservés dans les structures de santé.
Les faits remontent au Samedi 31 Octobre. Vers 7 heures du matin, cette mère se rend au Centre de Santé Likabo avec sa fille malade pour une consultation. Après avoir réglé les frais requis, le médecin prescrit plusieurs examens de laboratoire, eux aussi payés par la famille.
Le prélèvement est ensuite effectué au laboratoire. Selon le témoignage de la mère, le médecin recommande à la jeune patiente de ne prendre aucun médicament dans l’attente des résultats, qui devaient être disponibles vers 13 heures, afin de permettre, le cas échéant, l’établissement d’une ordonnance adaptée.
Mais à son retour au Centre de Santé vers 14 heures, après plusieurs heures d’attente, la mère affirme avoir reçu une explication pour le moins surprenante : le flacon contenant l’échantillon prélevé le matin se serait brisé au laboratoire.
Une situation qui, au-delà du désagrément causé à la famille, pose une question essentielle : quelle rigueur doit entourer la manipulation d’un prélèvement lorsqu’il peut conditionner le diagnostic et la décision thérapeutique d’un patient ?
Pour cette mère, l’incident ne devrait pas être considéré comme un simple contretemps administratif ou technique :
« Aujourd’hui, c’est un flacon qui se brise. Mais qu’est-ce qui garantit qu’hier, il n’y a pas eu un résultat erroné et que demain, il n’y aura pas une confusion entre les résultats de deux patients ? », s’interroge-t-elle.
Cette interrogation ne constitue pas, en elle-même, la preuve que de telles erreurs se sont déjà produites dans cet établissement. Elle traduit cependant une préoccupation légitime sur la responsabilité et la vigilance qui doivent entourer chaque étape d’un examen biologique, particulièrement lorsqu’il s’agit de patients dont la prise en charge dépend des résultats du laboratoire.
La mère appelle ainsi les autorités sanitaires compétentes à s’intéresser au fonctionnement des laboratoires médicaux et à veiller au respect des normes professionnelles, notamment en matière de prélèvement, d’identification, de conservation, de transport et d’analyse des échantillons.
Car derrière chaque flacon se trouve un patient, une famille et parfois une urgence médicale. Une erreur de manipulation, une mauvaise identification ou un résultat compromis peut potentiellement retarder un diagnostic et, par conséquent, la mise sous traitement.
Un maillon déterminant de la prise en charge
Le laboratoire médical n’est pas un simple service auxiliaire de l’hôpital. Ses analyses contribuent directement au diagnostic, à l’orientation du traitement et au suivi de l’évolution du patient. La rigueur du personnel de laboratoire constitue donc une exigence fondamentale, car derrière chaque prélèvement se trouve une décision médicale et, potentiellement, une vie humaine.
Lionel IPAKALA Y.
