Un incendie qualifié de volontaire a détruit 41 ballots de moustiquaires imprégnées d’insecticide MII à Kabinda, chef-lieu de la province de Lomami, dans le centre de la République Démocratique du Congo. Le sinistre s’est produit au quartier Champ de tir, dans la commune de Mudingayi, compromettant une opération majeure de santé publique, selon l’Agence congolaise de presse ACP .
D’après le Ministre Provincial de la Santé ad intérim, Joseph Kabobo, le feu a entraîné « la perte totale de 41 ballots, soit 2 085 moustiquaires ». Il précise que l’incendie serait consécutif à des actes de violence impliquant un groupe d’étudiants de l’Institut Notre-Dame de Lomami, qui se seraient introduits dans la résidence du chef de quartier Champ de tir , utilisée comme site de stockage, avant d’y mettre le feu.
Cet incident a provoqué une perturbation de la campagne de dénombrement et de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans la zone concernée.
Le ministre ad intérim a condamné avec fermeté cet acte, le qualifiant de « violence inacceptable qui compromet une intervention vitale de santé publique ».
Selon les premières informations, l’attaque aurait été motivée par une croyance mystique, selon laquelle un étudiant récemment décédé aurait révélé en songe avoir été empoisonné dans cette maison. Une thèse rejetée par les autorités sanitaires.
Malgré l’ampleur des pertes, Joseph Kabobo a tenu à rassurer la population, affirmant que « toutes les dispositions sont prises pour que les ménages concernés ne soient pas privés de moustiquaires ».
Une réunion de coordination provinciale a d’ailleurs été présidée par le Ministre afin d’évaluer l’impact de l’incident et d’arrêter des mesures urgentes de mitigation.
Pour rappel, le Ministère de la Santé Publique de la RDC a lancé, en Décembre 2025, une vaste campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide, avec l’appui de partenaires clés tels que le Fonds mondial, l’ONG SANRU et la Cellule d’Appui et de Gestion Financière (CAGF). Cette opération couvre l’ensemble des 16 zones de santé de la province de Lomami et vise une couverture universelle des ménages.
Le paludisme demeure l’une des principales causes de mortalité en RDC, touchant particulièrement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, faisant de cette campagne un enjeu crucial de santé publique.
Jennifer Mazemba
