La représentation de Médecins Sans Frontières MSF basée à Kisangani, connue sous l’appellation de projet KERE, a présenté ce mardi le bilan de ses activités réalisées entre 2021 et 2025 dans les provinces de la Tshopo, du Bas-Uele, du Haut-Uele et de l’Ituri.
Cette restitution a eu lieu lors d’un café presse organisé le 27 janvier à l’hôtel Le Triangle, dans la commune de Makiso, en présence de plusieurs journalistes locaux.
Créé en 2018, le projet KERE constitue une unité stratégique de MSF chargée de répondre aux urgences médicales et humanitaires dans l’ex-Province Orientale.
Dans son exposé, le docteur Christian Masudi, épidémiologiste de MSF à Kisangani, a indiqué que 30 % des interventions menées durant cette période ont concerné la riposte contre la rougeole, considérée comme l’une des principales urgences sanitaires dans la région.
En Province de la Tshopo, MSF a notamment pris en charge 4 087 cas de choléra et vacciné 18 025 personnes contre cette maladie, principalement dans les sites accueillant les déplacés des conflits Mbole et Lengola, notamment à Kongakonga, Aspiro et à la mission Saint-Gabriel de Simisimi à Kisangani. À Wanierukula, localité située à 55 kilomètres sur la route de Lubutu, 4 963 enfants ont été récupérés dans le Programme élargi de vaccination (PEV).
En Ituri, l’organisation humanitaire a apporté une réponse d’urgence face à l’afflux massif de réfugiés sud-soudanais entre mai et décembre 2025 dans la zone de santé d’Adi. Plus de 33 000 consultations médicales y ont été réalisées, tandis que 43 391 enfants âgés de 6 mois à 15 ans ont été vaccinés contre la rougeole.

Par ailleurs, 5 863 ménages ont bénéficié de kits non alimentaires (NFI).
Au total, le projet KERE a conduit 16 missions d’exploration et 15 interventions rapides liées à plusieurs épidémies, notamment la rougeole, la méningite, le choléra et le Mpox, tout en maintenant une collaboration jugée satisfaisante avec les autorités sanitaires locales.
Malgré ces résultats encourageants, MSF fait face à des défis persistants, en particulier les difficultés d’accès à certaines zones d’intervention et l’insécurité croissante, qui compliquent le travail des équipes sur le terrain.
Pour l’avenir, l’organisation prévoit de renforcer le système de surveillance épidémiologique et d’intensifier les actions en faveur du programme de vaccination de routine, afin de mieux prévenir les crises sanitaires dans l’est de la RDC.
Gabriel Makambu
Correspondant/Kisangani
