Les visites aux détenus de la Prison Centrale de Kakwangura sont suspendues depuis la résurgence de la maladie à virus Ebola à Butembo. La mesure vise à réduire les risques de contamination dans cet établissement pénitentiaire fortement surpeuplé.
D’après une source locale, l’accès à la prison est désormais restreint. Seuls certains organismes humanitaires et quelques proches de détenus dûment autorisés peuvent y accéder, notamment pour apporter des vivres aux prisonniers.
Cette décision intervient dans un contexte sanitaire préoccupant, marqué par la réapparition de la maladie à virus Ebola dans la ville. La forte concentration de détenus à Kakwangura constitue une vulnérabilité supplémentaire face au risque de propagation du virus.
La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), section de Butembo, estime toutefois que les mesures sanitaires doivent être accompagnées d’actions urgentes contre la surpopulation carcérale.
Son président, Maître Katembo Mirembe, appelle les autorités à accorder une attention particulière à la situation de Kakwangura.
Selon lui, la prévention contre Ebola ne peut être dissociée de la nécessité de désengorger la prison :
« La prévention contre Ebola doit aller de pair avec des mesures visant à réduire la surpopulation carcérale », souligne-t-il.
La prison urbaine de Kakwangura héberge actuellement 1 343 détenus, pour une capacité initiale de seulement 200 places. Un écart considérable qui illustre l’ampleur de la surpopulation et suscite des inquiétudes quant aux conditions de prévention et de contrôle d’une éventuelle propagation du virus.
Face à cette situation, les organisations de la Société Civile plaident pour un renforcement des mesures sanitaires au sein de la prison, mais aussi pour des solutions durables au problème de la surpopulation.
Elles recommandent notamment l’examen des dossiers des détenus et l’application effective des mécanismes prévus par la législation afin de permettre le désengorgement de l’établissement.
Une situation qui place ainsi la prison de Kakwangura au cœur des préoccupations sanitaires et judiciaires à Butembo.
Fiston Muhindo Correspondant Nord-Kivu
