Un mois jour pour jour après l’annonce de son retrait, l’Alliance Fleuve Congo AFC/M23, soutenue par le Rwanda refait parler d’elle à travers une initiative pour le moins controversée. Son Coordonnateur politique, Corneille Nangaa, a annoncé la mise « sous responsabilité de la Communauté Internationale » de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Dans une correspondance adressée au Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres, et rendue publique jeudi 15 janvier soir, Corneille Nangaa affirme avoir décidé de « placer officiellement la ville d’Uvira sous la responsabilité pleine et entière de la Communauté Internationale ». Une décision qu’il justifie par sa « bonne foi », sa « détermination à respecter le cessez-le-feu en vigueur » et son « engagement à une résolution pacifique de la crise ».
Par cette démarche, le tandem AFC/M23 se décharge explicitement de toute responsabilité liée à la protection des civils dans une ville qu’il avait occupée pendant plus d’un mois. Le mouvement appelle ainsi la Communauté Internationale, au nom de ses « prérogatives », à assurer désormais la sécurité des habitants d’Uvira, la préservation de la paix et la protection des populations civiles « sans aucune discrimination ».
Mais fidèle à sa ligne habituelle, l’AFC/M23 accompagne cette annonce d’accusations contre les forces d’autodéfense locales, les Wazalendo. Dans sa lettre, Corneille Nangaa met en garde la Communauté Internationale, accusant ces groupes de s’être alliés aux forces burundaises, aux FDLR et à des mercenaires, dans le but, selon lui, de terroriser la population et de commettre des exactions.
Cette sortie relance le débat sur la responsabilité des groupes armés dans l’Est de la RDC et sur le rôle réel de la Communauté Internationale dans la protection des civils, au moment où Uvira demeure fragilisée par des mois de violences et d’instabilité sécuritaire.
Cadhy MBOMA
