Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a salué les sanctions prises par les États-Unis contre des responsables de l’Armée Rwandaise, tout en appelant à une mobilisation internationale plus large pour accroître la pression sur Kigali, rapporte l’ACP.
Dans un communiqué consulté Mardi 3 Mars par l’ACP sur son compte X, le gynécologue congolais estime que les mesures annoncées par le Département du Trésor américain constituent « une avancée importante », mais demeurent insuffisantes pour mettre un terme à l’instabilité persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo :
« Ces sanctions sont nécessaires, mais elles doivent s’inscrire dans une démarche coordonnée impliquant l’ensemble des partenaires internationaux », a-t-il plaidé.
Denis Mukwege appelle ainsi à une réévaluation des relations diplomatiques, politiques et économiques avec le Rwanda afin d’isoler, selon ses termes, « le régime agresseur ».
Appel à l’application stricte de la résolution 2773
Le lauréat du Nobel insiste également sur la mise en œuvre effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Celle-ci exige notamment un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, la fin de tout soutien au M23 ainsi que le démantèlement des administrations parallèles établies dans les zones occupées.
Toujours selon l’ACP, Denis Mukwege a salué les sanctions visant les Rwanda Defence Forces (RDF) et quatre officiers supérieurs accusés d’implication dans l’insécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Il estime que ces mesures pourraient modifier le rapport de force sur le terrain.
Pression accrue sur Kigali
Le médecin congolais exhorte la communauté internationale à intensifier la pression diplomatique et économique sur Kigali. Il rappelle que le Rwanda demeure fortement tributaire de l’aide extérieure, évoquant la crise de 2012-2013, dont l’issue, selon lui, avait été accélérée par une intervention directe de la Maison Blanche.
Denis Mukwege soutient par ailleurs que ces sanctions devraient logiquement conduire au retrait du Rwanda des contingents contributeurs aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. Il juge « inacceptable » que l’ONU continue de recourir à une armée accusée depuis plusieurs décennies de déstabiliser la région des Grands Lacs et de violations graves du droit international humanitaire, documentées notamment par différents rapports onusiens.
Suspension des coopérations sécuritaires
Le Prix Nobel appelle également l’Union Européenne ainsi que certains États membres, notamment la France et la Pologne, à suspendre sans délai toute coopération sécuritaire et militaire avec Kigali.
Pour Denis Mukwege, seul le respect strict du droit international permettra de restaurer une paix durable et une stabilité véritable dans la région des Grands Lacs.
Lionel IPAKALA Y.
