Sanctions américaines contre des responsables rwandais : la NSCC exige des mesures plus fermes et saisit la CPI

La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a réagi aux sanctions ciblées annoncées par les États-Unis à l’encontre de responsables liés à l’armée rwandaise, accusés d’implication dans la déstabilisation persistante de l’Est de la République Démocratique du Congo.

Dans un communiqué rendu public le Mardi 3 Mars à Kinshasa, l’organisation citoyenne salue un « signal politique fort » de la part de Washington, estimant que ces mesures constituent une première étape vers la reconnaissance des souffrances endurées par les populations civiles congolaises. Pour la NSCC, ces sanctions marquent un début de réponse face à l’impunité qui alimente depuis des années l’insécurité chronique dans la région des Grands Lacs.

Toutefois, la structure estime que la gravité des faits documentés par divers rapports internationaux appelle des actions plus ambitieuses. Elle plaide pour un élargissement des sanctions aux décideurs militaires et politiques, y compris aux plus hauts niveaux de responsabilité, dans le strict respect du droit international.

Condamnation de l’attaque de l’aéroport de Bangboka

Par ailleurs, la NSCC condamne « avec la plus grande fermeté » l’attaque visant l’aéroport international de Bangboka à Kisangani. Elle rappelle qu’une telle action contre une infrastructure civile stratégique constitue une violation grave du droit international humanitaire et représente une menace directe pour la stabilité régionale.

Une série de recommandations à la communauté internationale

Face à la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays, la NSCC formule plusieurs recommandations :

  • L’extension des sanctions individuelles contre les responsables politiques et militaires impliqués dans les actes de déstabilisation ;
  • Le gel des avoirs et l’interdiction de visas pour les personnes identifiées ;
  • La suspension de toute coopération militaire internationale avec les forces mises en cause ;
  • L’ouverture d’enquêtes indépendantes sous l’égide des Nations unies ;
  • La saisine de la Cour Pénale Internationale si les éléments constitutifs de crimes relevant de sa compétence sont établis ;
  • La mise en place de mécanismes stricts de traçabilité des minerais stratégiques afin d’assécher les sources de financement des groupes armés ;
  • Une implication accrue de l’Union africaine et des organisations régionales pour préserver la paix et la souveraineté des États.

Plaidoyer pour une paix durable

La NSCC rappelle que la paix dans la sous-région ne saurait se construire sur l’ingérence, l’exploitation illicite des ressources naturelles ou la violation de la souveraineté d’un État voisin. Elle réaffirme son engagement en faveur de la protection des civils, du respect du droit international et d’une solution politique et diplomatique durable.

L’organisation assure qu’elle restera mobilisée afin que justice soit rendue au peuple congolais et que la stabilité s’impose durablement dans la région des Grands Lacs

Lionel IPAKALA Y.

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