L’Union démocratique africaine Originelle, (UDA-O), parti de l’opposition dirigé par le député honoraire Claudel Lubaya, a réagi à la présentation devant l’auditorat militaire de deux hauts cadres politiques du pays, Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadari. Après plus de 100 jours de détention au secret, les deux personnalités ont été mises à la disposition de la Haute cour militaire.
Dans une déclaration faite vendredi 7 Août à Kinshasa, Me Henri Mbolipasiko, secrétaire général de l’UDA-O, a pris acte de cette évolution judiciaire tout en dénonçant les conditions de leur interpellation.
« Nous prenons acte de l’évolution de la situation de M. Aubin Minaku et Emmanuel Shadari, après avoir passé plus de 100 jours de détention au secret, et c’est en violation de la Constitution et des lois de la République », a déclaré Henri Mbolipasiko.
Selon les informations recueillies, Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, et Emmanuel Ramazani Shadari, ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, avaient été interpellés il y a plus de trois mois par les services de sécurité. Ils ont été gardés en détention au secret pendant plus de 100 jours, sans être présentés à un magistrat, avant d’être transférés cette semaine à l’auditorat militaire de garnison de Kinshasa/Gombe.
Ils sont désormais placés sous mandat et mis à la disposition de la Haute cour militaire, juridiction compétente pour juger les infractions commises par les anciens membres du Gouvernement et les députés nationaux.
Pour l’UDA-O, cette présentation tardive ne régularise pas la procédure. « Nous considérons que c’est un premier pas vers le rétablissement de la légalité et nous rappelons que la présentation tardive de ces personnalités devant l’auditorat militaire ne saurait couvrir ou régulariser une arrestation arbitraire et une détention illégale », a poursuivi le secrétaire général.
L’UDA-O exige en conséquence « la libération immédiate et sans condition de M. Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadari, ainsi que de toutes les personnes se trouvant dans ces cas ».
Le parti fonde sa revendication sur les articles 17 et 18 de la Constitution qui garantissent le droit à la défense et interdisent les détentions arbitraires au-delà de 48 heures sans intervention du juge.
La Haute cour militaire n’a pas encore fixé la date d’ouverture du procès. Les charges retenues contre les deux prévenus n’ont pas été rendues publiques par l’auditorat militaire.
M.Luamuele
