Alors que l’accord de cessez-le-feu signé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23 sous la médiation du président angolais Manuel Goncalves João Lourenço, continue de diviser l’opinion nationale, une nouvelle voix s’élève au Parlement congolais.
L’honorable Serge Fontshi, député élu de la circonscription de Tshitenge, dans la province du Kasaï-Oriental, a livré une position ferme et sans ambiguïté.
Dans une déclaration livrée à la rédaction de la unefm.cd, l’élu de Tshilenge s’est opposé à toute forme de ralentissement ou d’arrêt du renforcement des Forces Armées de la RDC (FARDC), qu’il considère comme une erreur stratégique dans le contexte sécuritaire actuel :

« La RDC a besoin d’au moins 10 000 soldats par province, dont 50 % de forces spéciales dans les provinces non frontalières, et du double dans les provinces exposées aux convoitises étrangères », a-t-il martelé.
Vers une industrie militaire congolaise
Au-delà des effectifs, Serge Fontshi plaide pour un véritable saut qualitatif dans la capacité de défense du pays. Il appelle à la création d’industries nationales capables de produire localement les consommables militaires et, à terme, des équipements stratégiques.
Selon lui, la souveraineté congolaise passe par une capacité de production autonome d’avions, de drones, d’hélicoptères de combat et de systèmes de défense à moyenne et longue portée, afin de garantir une supériorité aérienne durable :
« La rébellion ne doit jamais devenir un raccourci vers le pouvoir »
Sur le plan politique, l’élu du Kasaï-Oriental rejette toute tentative de légitimer l’accès aux institutions par les armes. Pour lui, négocier avec des groupes rebelles en position de force risque de créer un précédent dangereux :
« Nous ne pouvons pas cautionner un schéma où la rébellion devient un moyen normal d’accéder au pouvoir. Cela serait une insulte à la mémoire de nos morts, de nos mères, de nos frères et de nos sœurs tombés pour la République », a-t-il déclaré.
Serge Fontshi insiste sur le respect des institutions issues des urnes et de la Constitution, qu’il considère comme le seul cadre légitime de gouvernance en RDC.
Un débat national relancé
Alors que l’accord de cessez-le-feu avec l’AFC/M23 vise à apaiser les tensions dans l’Est du pays, cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre diplomatie, sécurité et souveraineté nationale.
Entre impératif de paix et exigence de fermeté républicaine, la RDC se trouve une nouvelle fois à la croisée des chemins.
Cadhy MBOMA
