Partira ou ne partira pas ? La question agite les couloirs de l’Assemblée Nationale à la veille de l’examen de la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, invité finalement, après plusieurs jours de tergiversations à répondre devant la représentation nationale ce Mercredi 30 Avril.
Au-delà du suspense politique, l’issue semble étroitement liée à deux réalités majeures : la dégradation persistante de la situation sécuritaire sur le terrain et le poids de la majorité parlementaire de l’Union sacrée.
À Kinshasa comme dans plusieurs provinces du pays, l’insécurité reste une préoccupation quotidienne. Criminalité urbaine, violences récurrentes et sentiment d’abandon alimentent la frustration de la population.
Dans ce contexte, la motion initiée par le député Laddy Yangotikala Senga trouve un écho certain dans l’opinion, en quête de réponses concrètes.
Cependant, sur le plan strictement politique, la marge de manœuvre reste limitée.

L’Union sacrée de la Nation, plateforme présidentielle à laquelle appartient le ministre mis en cause, dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale. Un facteur déterminant qui pourrait peser lourdement sur l’issue du vote.
Dans les faits, sauf fracture majeure au sein de cette coalition, l’adoption de la motion apparaît peu probable. Plusieurs observateurs estiment que cet exercice s’inscrit davantage dans une logique de pression politique et de repositionnement interne que dans une réelle volonté de faire tomber le ministre.
Pour autant, un rejet de la motion ne signifierait pas un blanc-seing. Il pourrait même être interprété comme un avertissement politique adressé à Jacquemain Shabani Lukoo, sommé d’apporter des résultats tangibles face à la montée de l’insécurité.
En filigrane, cette séquence met en lumière une tension classique : celle entre la discipline de la majorité et l’exigence de redevabilité.

Si la première devrait logiquement l’emporter lors du vote, la seconde continue de s’imposer dans le débat public.
Ainsi, plus qu’un départ immédiat, c’est un sursis sous haute surveillance qui semble se dessiner pour le patron de l’Intérieur.
Reste à savoir si ce répit politique se traduira, sur le terrain, par une amélioration réelle de la sécurité tant souhaitée par les kinois et des congolais en général.
Laurette Mandala Kisolokele
