Goma, 2 janvier : une journée de mémoire pour marche Patriotique sous tension

Le 2 janvier occupe une place particulière dans la conscience collective en République Démocratique du Congo. Cette date correspond à la commémoration du décès du colonel Mamadou Ndala, officier des FARDC tombé en 2014 alors qu’il était engagé dans la défense de l’Est du pays. Son nom reste associé au courage, au patriotisme et à la lutte pour l’intégrité territoriale de la RDC.

À Goma, des mouvements de jeunes ont choisi cette journée hautement symbolique pour exprimer leur rejet de la présence de l’AFC/M23, considérés comme des supplétifs de l’agression rwandaise. 

À travers une mobilisation annoncée sous forme de marche patriotique, ils ont exigé le retrait du groupe armé de la ville, la libération des zones occupées et son désengagement total du territoire national.

Protestations discrètes malgré les interdictions

Bien que les autorités aient interdit toute manifestation, les organisateurs affirment que la contestation s’est exprimée autrement. Des fermetures ponctuelles de commerces ont été observées dans certains quartiers, selon les médias périphériques a la ville. 

Selon Sankara Bin Kartumwa, membre de la Génération Z RDC, cité un média local, plusieurs établissements sont restés fermés plus longtemps que d’habitude, en signe de désapprobation à l’égard du groupe armé.

Dans l’ensemble, la situation est toutefois demeurée calme. Pour certains observateurs, la baisse d’activités constatée dans certaines zones serait davantage liée à la lassitude consécutive aux festivités de fin d’année qu’à un véritable suivi de l’appel à manifester.

Une ville contrastée

Dans le nord de Goma, notamment vers le quartier Trois Lampes, les activités se sont déroulées normalement. Près de 80 % des commerces étaient ouverts, la circulation est restée fluide et aucun rassemblement n’a été signalé.

À l’inverse, dans la zone de Nyiragongo, sous contrôle du M23, des mesures strictes ont été maintenues. Les occupants ont interdit tout regroupement de plus de trois personnes, afin de prévenir toute tentative de mobilisation.

Hommages et climat sécuritaire

Parallèlement aux revendications, le 2 janvier a également été marqué par des gestes de recueillement en mémoire du général Mamadou Ndala. Dans plusieurs localités de la province, des habitants ont observé des moments de silence pour saluer son sacrifice.

De leur côté, les autorités de l’AFC/ M23 ont réitéré leur position, maintenant l’interdiction des rassemblements non autorisés, qu’elles justifient par la nécessité de préserver l’ordre public.

Entre souvenir, expression citoyenne limitée et contrôle sécuritaire renforcé, la journée du 2 janvier à Goma illustre une fois de plus les tensions persistantes qui entourent la quête de paix et de souveraineté dans l’Est de la RDC.

Lionel IPAKALA

Plus de lectures incontournables

Les plus récents