Franc congolais : Jo Sekimonyo dénonce un « faux débat » autour des prévisions de Godé Mpoyi

La sortie du professeur économiste Godé Mpoyi, saluée par une partie de l’opinion publique congolaise pour ses analyses sur la supposée stabilité du franc congolais, continue de susciter des réactions dans les milieux intellectuels et économiques du pays.
Parmi les voix les plus critiques figure celle du professeur Jo Sekimonyo, qui qualifie le débat autour de cette « stabilité » de profondément trompeur et détourné des vrais enjeux.

Une stabilité qui masque la fragilité sociale

Pour Jo Sekimonyo, la focalisation sur la valeur du franc congolais relève d’une illusion macroéconomique qui ne reflète en rien la réalité vécue par la majorité des Congolais ;

« Le débat public se concentre sur la monnaie et la rémunération des agents de l’État comme si eux seuls représentaient la nation », estime-t-il.

Selon lui, l’économie congolaise reste dominée par un paradoxe :
le service public, qui devrait accompagner la croissance et la transformation sociale, s’est mué en premier bénéficiaire des flux financiers, sans que la qualité des services fournis à la population ne s’améliore de manière proportionnelle.
Pendant ce temps, rappelle-t-il, l’immense majorité de la population, travaillant dans l’informel, sans contrat, sans protection sociale ni revenu stable , reste totalement exclue des retombées de cette prétendue stabilité.

Un système qui se protège lui-même

Jo Sekimonyo voit dans ce déséquilibre une économie politique tournée vers la préservation du système, plutôt que vers la création de richesses productives et inclusives :

« On protège les circuits de pouvoir et de rente, au lieu d’investir dans l’élévation productive de la société », affirme-t-il.

Dans cette logique, la stabilité monétaire vantée par certains économistes devient un outil de communication, davantage qu’un indicateur réel de progrès social.

Godé Mpoyi mis en cause

Le professeur Sekimonyo s’attaque également à la posture de Godé Mpoyi, qu’il considère comme partie prenante du système qu’il prétend analyser :

« Il fait intégralement partie de ce système. On ne peut pas en bénéficier et, en même temps, s’ériger en donneur de leçons », tranche-t-il.

Sa conclusion est sans appel :

« Tous aboient. »

Une formule qui, selon lui, traduit la cacophonie d’un débat économique dominé par les intérêts du sommet, pendant que la base sociale continue de s’appauvrir.

Lionel IPAKALA

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