En RDC, Emery Okundji dénonce une « dérive dictatoriale vers la pensée unique » après la pétition visant Bahati

En République Démocratique du Congo, la polémique enfle autour de l’annonce d’une pétition visant le deuxième Vice-Président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, après ses déclarations opposées à une éventuelle révision de la Constitution.
Réagissant à cette initiative, l’opposant congolais Emery Okundji a exprimé son indignation, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de restreindre le débat démocratique.

Joint par un média en ligne de la place Vendredi 6 Mars, le député national honoraire estime que les réactions hostiles contre le président de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) traduisent une dérive inquiétante dans la vie politique congolaise :

« En démocratie, la confrontation des idées et des programmes est non seulement normale, mais nécessaire. Lorsque l’on ne tolère plus cette confrontation, on se dirige tout droit vers une dictature et vers la pensée unique », a-t-il déclaré.

Pour Emery Okundji, les propos de Modeste Bahati Lukwebo relèvent de l’exercice normal de la liberté d’expression sur une question qui engage l’avenir institutionnel du pays :

« Le professeur Bahati Lukwebo n’a fait qu’exprimer librement sa position sur la Constitution de la République démocratique du Congo. Cela ne devrait pas constituer un motif pour le juger d’office coupable », a-t-il ajouté, appelant à préserver l’espace de débat politique.

L’opposant met également en garde contre toute tentative d’imposer une vision unique sur une question qu’il considère comme nationale et sensible :

« Nous n’accepterons plus jamais dans ce pays que la pensée, la parole ou les actions d’un seul homme deviennent force de loi. Il est impératif de sortir de cette logique de radicalité politique sur une question qui exige l’adhésion de tous », a-t-il insisté.

Dans son argumentaire, Emery Okundji rappelle que la Constitution du 18 Février 2006, telle que modifiée par la loi n°11/002 du 20 Janvier 2011, constitue le socle de l’État de droit en République Démocratique du Congo. Selon lui, toute initiative politique doit s’inscrire dans l’esprit de ce texte fondamental, qui consacre les principes d’une démocratie politique, économique et sociale.

Pendant ce temps, la pétition visant à obtenir l’éviction de Modeste Bahati Lukwebo du bureau du Sénat continue de circuler. Des signatures seraient en cours de collecte au sein de la Chambre haute du Parlement, où il occupe la fonction de deuxième Vice-Président.

Ce nouvel épisode illustre les tensions persistantes autour du débat sur une éventuelle révision constitutionnelle, un sujet particulièrement sensible dans le paysage politique congolais.

Lionel IPAKALA Y.

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