L’opposant congolais Martin Fayulu a appelé, dans un message à la nation diffusé ce mercredi 31 décembre, à l’ouverture d’un dialogue national inclusif et à l’application stricte de la résolution 2773 des Nations unies. Il a également exigé une condamnation claire du Rwanda pour les crimes présumés commis en République Démocratique du Congo.
Dans son adresse, le Président de la plateforme Lamuka et ancien candidat à la présidentielle a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte à la souveraineté nationale, pointant notamment des accords signés le 4 Décembre à Washington. Selon lui, ces engagements auraient été conclus sans consultation populaire, ni débat national, engageant ainsi l’avenir du pays dans l’opacité :
« Notre souveraineté est désormais menacée par des décisions prises sans le peuple », a-t-il affirmé, plaidant pour un dialogue qu’il juge indispensable afin de sortir de la crise politique et sécuritaire actuelle :
« Refuser le dialogue national inclusif, c’est refuser la paix », a-t-il insisté.
Cependant, cet appel relance un débat récurrent en RDC : celui de l’efficacité réelle des dialogues politiques. Le pays a déjà organisé un nombre impressionnant de concertations, forums et dialogues nationaux au fil des décennies. La question demeure :
” pouvons-nous, sans hypocrisie, nous regarder les yeux dans les yeux et évaluer objectivement leur apport ? ”
Pour de nombreux observateurs, ces initiatives ont souvent débouché sur une succession d’instabilités, de compromis politiques fragiles, de gouvernance défaillante et, in fine, sur un faible niveau de développement économique.
Dès lors, une interrogation s’impose :
” par quelle formule quasi magique un nouveau dialogue ferait-il disparaître les menaces qui pèsent sur la RDC, telles qu’évoquées par Martin Fayulu ? Suffirait-il à faire renoncer le Rwanda et ses supplétifs aux raisons qu’ils avancent pour justifier leur présence armée dans l’est du pays ?”
Certes, toute société organisée a besoin du dialogue , la République Démocratique du Congo en l’occurrence, comme outil de régulation et de cohésion. Mais dans le contexte actuel, marqué par une agression extérieure persistante, de plus en plus de voix estiment que la RDC a surtout besoin d’une unité nationale renforcée autour des institutions légalement établies, afin de restaurer la paix dans l’est du pays, une insécurité chronique qui freine lourdement le développement de ce vaste État au cœur de l’Afrique.
S’adressant à la communauté internationale, Martin Fayulu a exhorté les Nations unies à faire respecter leurs propres résolutions :
« Nous exigeons une application stricte de la résolution 2773 et une condamnation claire du Rwanda », a-t-il déclaré.
Il a conclu son message par un appel à la cohésion nationale et au rejet du tribalisme :
« Mettons-nous du côté du camp de la patrie », a-t-il lancé, réaffirmant le droit du peuple congolais à la souveraineté, à la paix et à la dignité.
Lionel IPAKALA
