Droits de l’enfant en RDC : la CNDH accuse le M23-AFC de graves violations

Un rapport alarmant de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) mets en cause le groupe armé M23-AFC dans de graves violations des droits des enfants commises dans l’Est de la République démocratique du Congo, a révélé vendredi 2 Janvier une responsable de cette institution lors d’un entretien avec l’ACP.

Selon Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l’enfant à la CNDH, les conclusions de ce rapport sont particulièrement préoccupantes :

« Nos enquêtes ont documenté des milliers de cas de viols d’enfants au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, ainsi que des centaines de cas de meurtres et de mutilations », a-t-elle indiqué, précisant que ces exactions ont été relevées aussi bien dans les camps de déplacés que dans d’autres zones, et impliqueraient majoritairement des éléments des RDF et du M23-AFC.

La responsable de la CNDH a rappelé que le début de l’année 2025 a été marqué par une recrudescence des violences dans l’Est du pays, avec l’occupation des villes de Goma et de Bukavu par l’armée rwandaise et ses supplétifs. Face à l’ampleur des violations des droits humains, en particulier celles visant les enfants, la CNDH a mené des investigations approfondies sur le terrain.

Ces enquêtes ont abouti à la publication, le 31 Décembre 2025 à Kinshasa, d’un document intitulé « Rapport sur les violations massives et systématiques des droits des enfants commises au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, de janvier à juin 2025 ».

Le rapport fait également état de nombreux cas de recrutement forcé d’enfants par des groupes armés, ainsi que d’attaques contre des infrastructures sanitaires. À ce sujet, Me Kapinga a cité le bombardement du département de néonatologie de l’hôpital La Charité à Goma, survenu le 27 janvier 2025, attribué au M23-AFC, qui aurait causé la mort de 11 nouveau-nés et blessé huit autres enfants.

En outre, le document dénonce des enlèvements, le blocus de l’aide humanitaire ayant entraîné une famine généralisée dans les zones occupées, l’augmentation de la criminalité juvénile, ainsi que des arrestations massives et systématiques d’enfants en situation de rue. Il souligne également de graves atteintes au droit à l’éducation, de nombreux enfants ayant été privés d’école en raison du conflit.

Les enquêteurs relèvent par ailleurs des violations du droit à la justice, dues à l’effondrement de l’appareil judiciaire et à son remplacement par des mécanismes de médiation ne respectant pas les normes légales. Le rapport évoque enfin les atteintes au droit à la vie familiale, notamment pour les enfants séparés de leurs proches lors des déplacements forcés liés aux combats.

La CNDH appelle, à travers ce rapport, à des actions urgentes pour protéger les enfants et mettre fin à l’impunité des auteurs de ces violations graves des droits humains.

Lionel IPAKALA

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