Le dossier du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) continue de secouer les institutions. Mardi 5 Mai , devant la plénière du Sénat, le ministre d’État et ministre de la Justice, Guillaume NGEFA a livré des révélations chiffrées accablantes lors d’une question d’actualité initiée par le sénateur Clément MUYA MUBOYAYI.
Selon le garde des Sceaux, sur les 195 millions de dollars versés par l’Ouganda à la RDC dans le cadre des réparations, seuls 28 millions ont effectivement atteint les victimes. Le reste, soit 167 millions de dollars, aurait été détourné dans des conditions jugées opaques.
Ces déclarations mettent directement en cause la gestion de son prédécesseur, Constant MUTAMBA, déjà condamné dans ce dossier. Le ministre a évoqué une série de dérives, notamment la corruption systémique, l’instrumentalisation politique du FRIVAO et l’intégration massive de bénéficiaires fictifs dans les listes d’indemnisation.

À Kisangani, par exemple, le nombre de victimes enregistrées serait passé de 3 000 à 16 000.
Pour corriger ces irrégularités, Guillaume NGEFA a annoncé un plan de redressement articulé autour de trois axes : l’assainissement financier du fonds, la révision du fichier des victimes et la mise en place de procédures strictes de gestion.
Toutefois, le ministre a reconnu la persistance de réseaux de fraude, souvent alimentés par des interférences politiques. Il a ainsi appelé les acteurs politiques à mettre fin à toute ingérence dans ce processus.

De son côté, le sénateur Clément MUYA MUBOYAYI a promis de poursuivre le contrôle parlementaire afin d’éclairer davantage l’opinion sur ce scandale. Dans la même dynamique, le sénateur Jean BAMANISA a plaidé pour une mission d’enquête parlementaire visant à garantir une gestion transparente des fonds versés à la RDC depuis Janvier 2022, en réparation des dommages causés par l’Ouganda entre 1998 et 2003.
Cadhy Mboma
