Affaire Denise Dusauchoy : Guillaume Ngefa confirme que l’instruction préjuridictionnelle se poursuit

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denise mukendi arrestion
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L’affaire Denise Mukendi, alias Dusauchoy, reste entre les mains du ministère public. Arrêtée en Tanzanie puis transférée à Kinshasa fin Août 2026, l’influenceuse congolaise n’a, à ce stade, pas encore été déférée devant son juge naturel. Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, affirme que le dossier se trouve toujours dans sa phase d’instruction préjuridictionnelle.

Lors d’un briefing de presse, le garde des Sceaux a indiqué que cette étape de la procédure ne permettait pas de commenter le fond du dossier. Il a néanmoins assuré que Denise Dusauchoy bénéficie de la présomption d’innocence et que ses droits sont garantis durant toute la procédure.

Des poursuites dont le contenu complet n’est pas encore officiellement détaillé

Les autorités judiciaires congolaises n’ont, à ce jour, pas rendu publics de manière exhaustive les chefs d’accusation retenus dans le dossier actuellement instruit contre Denise Mukendi.

Lors de sa présentation devant le ministère public, le 2 Septembre dernier, des sources judiciaires avaient toutefois indiqué qu’elle était poursuivie pour plusieurs faits susceptibles de constituer des infractions au regard de la législation congolaise. Elles avaient notamment évoqué des soupçons liés à l’apologie des activités subversives de la coalition AFC/M23 sur les réseaux sociaux. Elle avait alors été placée sous mandat d’arrêt provisoire.

Une arrestation en Tanzanie sur mandat de la justice congolaise

Denise Dusauchoy a été arrêtée le 30 Août 2026 en Tanzanie, à la suite de l’exécution d’un mandat d’arrêt délivré par les autorités judiciaires congolaises. Le ministère de la Justice avait présenté cette opération comme le résultat de la coopération judiciaire entre Kinshasa et Dar es Salaam.

La procédure s’inscrivait dans le prolongement de plusieurs démarches judiciaires engagées depuis 2025. En Octobre et Novembre de cette année-là, le Procureur Général près la Cour de Cassation avait notamment transmis trois commissions rogatoires internationales aux autorités judiciaires belges dans des dossiers ouverts au Parquet de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, impliquant notamment Denise Mukendi et d’autres personnes.

Après son interpellation en Tanzanie, elle a été transférée à Kinshasa, où elle a été présentée au Ministère Public avant son placement sous mandat d’arrêt provisoire.

denise mukendi et jacky ndala
Le précédent judiciaire de 2024

L’actuelle procédure intervient après un premier épisode judiciaire très médiatisé impliquant Denise Mukendi.

En 2024, l’influenceuse avait déclenché une vive polémique après avoir diffusé sur les réseaux sociaux des déclarations relatives au sort de Jacky Ndala, qui affirmait avoir été victime de violences sexuelles lors de sa détention à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). À la suite de cette affaire, une instruction avait été ouverte à la demande du ministre de la Justice de l’époque, Constant Mutamba, afin de faire la lumière sur les faits et sur les propos diffusés par Denise Mukendi.

Le Tribunal de Paix de Kinshasa-Ngaliema l’avait finalement condamnée, le 16 Décembre 2024, à trois ans de prison pour faux bruits, faux en écriture et injures publiques à l’égard de Jacky Ndala et des services de renseignement congolais. Elle avait ensuite bénéficié d’une libération conditionnelle en mars 2025.

De l’exil en Belgique à l’arrestation en Tanzanie

Après son départ de la RDC, Denise Mukendi s’était installée en Belgique. Son discours sur les réseaux sociaux s’était progressivement durci à l’égard du pouvoir de Kinshasa. Elle avait notamment multiplié les prises de position critiques contre le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et plusieurs responsables politiques.

Son apparition à Goma, alors sous contrôle de l’AFC/M23, puis à Kigali, ainsi que ses prises de position favorables à cette mouvance, avaient également attiré l’attention des autorités congolaises. C’est dans ce contexte qu’un mandat d’arrêt congolais a été exécuté par les autorités tanzaniennes le 30 Août 2026, ouvrant la voie à son transfert vers Kinshasa.

denise mukendi
Le dossier toujours entre les mains du parquet

À ce stade, Guillaume Ngefa insiste sur un principe essentiel : Denise Mukendi reste présumée innocente tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas établi sa culpabilité. Le dossier étant encore au stade préjuridictionnel, le contenu définitif des poursuites, la qualification juridique exacte des faits et l’éventuelle saisine d’une juridiction de jugement restent à préciser. L’affaire demeure donc sous instruction, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.

Lionel IPAKALA Y.

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