Le Musée royal de l’Afrique centrale, plus connu sous le nom d’Africa Museum de Tervuren, en Belgique, a opposé un refus catégorique à la demande d’une société minière américaine qui souhaitait obtenir ses archives géologiques relatives à la République Démocratique du Congo. L’information a été rapportée par la radiotélévision publique flamande (VRT), selon l’Agence congolaise de presse (ACP).
Ces archives, d’une valeur scientifique et historique majeure, regroupent des milliers de documents issus d’anciennes compagnies minières belges actives jusqu’à la fin des années 1960. Elles contiennent des données précieuses sur le sous-sol non seulement du Congo, mais aussi du Rwanda, du Burundi et d’autres pays d’Afrique centrale.

S’exprimant sur ce refus, le directeur de l’AfricaMuseum, Bart Ouvry, a précisé que le musée entend assurer lui-même la numérisation de ces documents :
« Nous voulons procéder à cette opération de manière scientifique et indépendante, sans la confier à une entreprise privée », a-t-il déclaré, cité par la VRT et relayé par l’ACP.
Le responsable du musée a rappelé que ces fonds sont des archives publiques fédérales, bénéficiant déjà d’un cadre d’accès pour les chercheurs :
« Il ne s’agit pas d’archives commerciales que l’on peut céder ou transférer librement », a-t-il insisté, soulignant que le processus de numérisation se fait avec l’appui de l’Union européenne et en partenariat étroit avec les services géologiques de la RDC.
Ce dossier intervient alors que le gouvernement congolais a signé, l’an dernier, un accord avec la société américaine Kobold Metals pour numériser des documents d’archives relatifs aux ressources minières du pays. Cette entreprise, soutenue notamment par Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, et Bill Gates, figure de la technologie mondiale, prévoit d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser ces données afin d’identifier de nouveaux gisements de minerais stratégiques, tels que le cobalt, le cuivre et le coltan, très présents dans le sous-sol congolais.

Selon la VRT, toujours citée par l’ACP, bien que ces archives soient publiques et accessibles, leur consultation par des entreprises privées reste strictement encadrée et soumise à l’autorisation des autorités congolaises, et uniquement pour des segments précis des fonds concernés.
Par ce refus, l’AfricaMuseum affirme ainsi sa volonté de préserver l’intégrité scientifique et publique de ce patrimoine documentaire, au cœur des enjeux géopolitiques et économiques liés aux ressources naturelles de l’Afrique centrale.
Lionel IPAKALA
