Sakombi attend du duo Beya-Aziz « l’exigence absolue de résultats dans l’intégrité et l’équité des règles du jeu » pour rassurer les investisseurs

« Sans une régulation souveraine, crédible et rigoureuse, il ne peut y avoir de confiance pour l’investisseur, ni de protection pour le consommateur. L’ARE doit incarner une autorité dont la parole est aussi prévisible que respectée », dixit Sakombi Molendo, le 3 Mars dernier, à l’occasion de l’entrée en fonctions du PCA Jean-Marie Beya et de la DG Soraya Aziz, nouvelle équipe dirigeante de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité.

Après avoir relevé le taux d’accès à l’électricité de 9 à 21%, le ministre des Ressources Hydrauliques et Electricité (RHE) vise, en effet, les 50% à moyen terme. Dans le cadre du Pacte énergétique qu’il a conçu, Sakombi Molendo a échafaudé ce qu’il appelle mix énergétique à travers lequel il a réactivé la libéralisation du secteur de l’électricité et convié les opérateurs à devenir effectivement des auto-producteurs :

«Dans cette architecture, l’ARE n’est pas un organe subsidiaire, mais la clé de voûte, précise-t-il.
Sa mission est de garantir l’intégrité, la transparence et l’équité des règles du jeu »,
déclare le ministre des RHE.

Et de renchérir :

« notre ambition est sans équivoque : ériger l’énergie électrique en un puissant levier de croissance, de création d’emplois et de réduction des disparités territoriales » .

Sakombi a loué la prestation de la team manager sortant menée par l’ex-DG Sandrine Mubenga Ngalula surnommée Notre-Dame de l’Electricité. La Présidente du Conseil d’Administration et la Directrice Générale sortantes ont travaillé dans un environnement complexe, a-t-il fait comprendre, marqué par des défis structurels qui se heurtaient à l’urgence des attentes sociales.

Sous la direction du Dr. Sandrine Ngalula Mubenga, l’ARE a supervisé, en 2024, une augmentation de la production électrique de 303,1 GWh, soit une hausse de 3,04% par rapport à 2023. Et le régulateur s’est déployé dans 13 de 26 provinces avec des pools régionaux.

Le budget de l’ARE en 2024 s’est élevé à 25 milliards de CDF :

«Nous entrons désormais dans l’ère de la maturité opérationnelle et de la performance mesurable », a martelé le ministre des RHE.

Et au tandem Jean-Marie Beya et Soraya Aziz, Sakombi Molendo a prodigué un conseil-recommandation :

« À vous qui prenez ce jour vos fonctions, votre mandat s’inscrit dans un moment de vérité. Si la nécessité de la régulation est aujourd’hui admise, son efficacité tangible reste à démontrer au quotidien pour nos concitoyens. Votre réussite ne se mesurera pas au volume des textes produits, mais à l’amélioration de la qualité du service, à la fluidité des investissements et à la protection des plus vulnérables ».

Et le ministre des RHE de poursuivre :

« l’électricité est un levier de souveraineté, et l’autorité de régulation de l’électricité (ARE) en est le gardien. Je place en vous ma pleine confiance, mais je vous exhorte à garder à l’esprit, comme une boussole qui vous guide, l’exigence absolue de résultats».

Sakombi a derechef recadré , de manière compendieuse, rôle et misions de l’ARE :

« L’indépendance de la régulation est un principe sacré, elle s’exerce impérativement dans le sillage de la vision stratégique définie par le gouvernement. Cette autonomie n’est pas un isolement, mais une garantie d’objectivité au service de l’intérêt supérieur de la Nation ».

Puis ce vade-mecum du ministre des RHE à la DG Soraya Aziz :

« Votre mandat s’articulera autour des axes prioritaires suivants, le renforcement de la sécurité juridique et réglementaire. La lisibilité doit être votre doctrine. Chaque décision doit être motivée, prévisible et transparente pour que l’investisseur puisse s’engager sur le long terme en toute sérénité. La sacralisation des droits de l’usager L’électricité n’est pas une simple marchandise ; c’est un vecteur de dignité humaine et de vitalité économique. L’ARE doit s’affirmer comme le défenseur intraitable de l’intérêt général et le garant d’un service de qualité. L’encadrement de l’ouverture du marché L’arrivée de nouveaux opérateurs est une opportunité que nous encourageons, mais elle doit demeurer ordonnée. L’ARE veillera à ce que cette ouverture ne génère ni déséquilibres territoriaux, ni situations de rente. L’ouverture est une stratégie, mais l’anarchie serait une faute ».

Et aux cadres et agents de l’ARE, Sakombi les a conviés à l’excellence d’une institution se niche dans la rigueur de son administration quotidienne :

” Je vous exhorte à la modernisation de vos pratiques et à une appropriation totale des enjeux de cette nouvelle phase.
Le gouvernement de la République, sous ma coordination, réaffirme son soutien indéfectible à l’ARE. Nous veillerons à ce qu’elle dispose des moyens de ses ambitions, dans le respect strict de ses prérogatives, pour bâtir un secteur électrique fiable, attractif et durable ».

Créé par le décret n° 16/013 du 21 Avril 2016, conformément à la loi n° 14/011 du 17 Juin 2014 portant libéralisation du secteur de l’électricité, l’Autorité de Régulation de l’Électricité (ARE) en RDC est un établissement public doté d’une autonomie financière, pour organiser le secteur et attirer le privé. Elle a effectivement débuté ses activités en 2020.

Pold LEVI Maweja.

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