Ressources innovantes, offre de location des îles inhabitées de la RDCPar Pold LEVI Maweja

Dans 25 ans, la configuration de la terre pourrait inévitablement changer. Le Tuvalu, un État insulaire dans l’océan indien, compte parmi la quarantaine des pays dont les ressortissants peuvent entrer en RDC sans visas, et vice-versa. Mais l’île de 26 km2, moins étendue que la commune de la Gombe (29,33km2), moins de 15.000 habitants, contre 15 millions pour Kinshasa, compte parmi les États insulaires de plus en plus menacés de disparition à cause de la montée du niveau de la mer due au changement climatique.

Avis d’experts, d’ici 2050, Tuvalu, Maldives (298 km² environ 515 223 habitants en 2025), Îles Marshall, Kiribati, Salomon, etc., Nauru, ne seraient plus de ce monde.
La RDC, par contre, compte des îles et îlots, par dizaines, aux dimensions des îles de l’océan indien en voie de disparition, et restés inhabités à ce jour. Et l’administration Tshisekedi a créé en Août 2025 un établissement public coiffé par le ministère des Finances, le Fonds d’Investissement Stratégique de la RDC (FIS-RDC).

Ses animateurs ont été nommés en Février 2026, Calvin Kabamba Nsupi et Émile Donatien Luhahi. Le FIS-RDC vise la mobilisation des ressources financières innovantes en vue de réinvestir dans des secteurs clés (infrastructures, énergie, agriculture, industrie, technologies). Il sert à convertir les revenus des ressources naturelles en projets structurants, car l’Etat congolais s’emploie à diversifier son économie et valoriser ses actifs…qui ne sont pas que miniers, forestiers ou pétroliers.

Et si la RDC faisait louer ses îles inhabitées?
Le Marché Commun de l’Océan Indien (MCOI) facilite, en effet, le mouvement migratoire surtout des Maldiviens particulièrement vers l’Inde. En échange, l’Inde obtient le contrôle de l’intégralité des anciennes eaux territoriales maldiviennes et surtout le paiement d’une taxe migratoire.

La Grande-Bretagne multiplie également des initiatives pour sauver les ressortissants de ses anciens protectorats. En 2025, au moins 150.000 insulaires avaient été abrités outre-manche. Mais jusqu’à combien? Kinshasa pourrait bien convenir avec Londres de l’éventualité d’un modus operandi pour gérer ce flux migratoire, naturellement contre paiement et sans heurter les acquis de la souveraineté de la RDC (particularités démographiques, tribus et ethnies, nationalité, droit du sol, droit de vote, etc.,).

Selon des experts de l’Institut Géographique du Congo, tout le long de ses 4700 Km, de la source aux pieds de monts Mitumba à l’embouchure au Banana, le majestueux fleuve Congo aligne des îles et des îlots dont le nombre n’a pas été déterminé à ce jour, d’autant plus qu’ils sont pour la plupart inhabités. Toutefois, des îles d’une certaine dimension ont été identifiées selon leurs provinces d’appartenance. Le grand Equateur est l’une des régions du pays qui concentre le plus grand nombres d’îles.

L’on compte par exemple, les îles de Nkasa , longue de 49 km, l’île est située entre Mbandaka et Irebu, Nsumba ou Sumba) d’une superficie d’environ 370 km2 et longue de 80 km, en amont de Makanza. Mayita, 46 km, en aval de Lisala, Esumba, plus de 50 km de long et 250 km2, Ukaturaka, en amont de Mbandaka, près de 100 km de longueur et 500 km2. Les autres îles sont : Bolimba, Elolo, Elima, Ekafala (qui abrite une prison), Elumba (Itimbiri), Sondji, Ilata, Ifandu, Mangula, Londo , Sambala. Mapubili, Minkole, Lulonga, Bukongo et Eboro. L’île de Bétu, 20 Km, est une des plus grandes îles sur la rivière Oubangui, situé au sud et en aval de Bétou, à la frontière entre la République du Congo et la République Démocratique du Congo.

Au Kongo central, les principales îles de cette province sont concentrées dans le territoire de Moanda plus précisément dans l’estuaire du fleuve. Il s’agit notamment de Mateba, 100 km2, 30 km de long sur 3 à 6 km de large, en aval de Boma. Bulambemba, 50 Km2, à 210 km à l’ouest de Matadi, appelée aussi l’île aux crabes. Kimongo Wolo, surnommée Île aux huîtres, île aux palourdes ou île aux coquillages placée sous l’autorité traditionnelle de Mfumu Mbanza, l’île est occupée des agriculteurs Bawoyo, angolais de Cabinda. Kimwabi, occupée par les pêcheurs Assolongo angolais.

La Tshopo compte une foultitude d’îlots d’un peu plus 1 km2 pouvant constituer un archipel. D’autres îles sont Esabo, Kungulu,Tundulu, Umata, Ifandu, Wagenia,Mbie, Kewe et Songa ou encore Mayele (Maele), île de 15 hectares réputée d’avoir été le lieu de rencontre entre Tippo Tip, célèbre négociant d’esclaves venu de Zanzibar, et l’explorateur britannique Henry Morton Stanley. Dans l’Ubangi, il y a Ndangi, Pala, Luma, etc…

La RDC compte aussi des îles lacustres qu’elle pourrait bien faire louer à travers un contrat emphytéotique comme l’Inde l’a fait avec Macao, la Chine avec Hong-Kong. Dans le lac Kivu, outre l’idjwi, il y a des îles Ibindja, Tchegera, Tshofu, Oka, Iko, Nyamizi, Kilanga, Dagambwa, Kabanga, Kishushu, Shushu Mukonde ; etc.), et dans le Tanganyika, des îles paradisiaques comme Kavala et Kibishie, Milimba, Mamba- Kayenda, etc, Ces îles sont de plus en plus peuplées des ressortissants des pays voisins si bien que le Congo risque de les perdre. La RDC compte plus d’une cinquantaine des lacs naturels et artificiels qui regorgent des bandes des terres assez étendues.

Le Lac Kivu compte plus de cent îles et îlots, combien y en a-t-il dans tout le pays ? Certains avancent le chiffre de 4.000. Malheureusement, beaucoup de ces îles ne portent pas de nom ou sont carrément inconnues. L’Etat doit s’impliquer dans leur identification et procéder à leur dénomination afin qu’elles possèdent une identité. Il y a de l’argent à gagner.

Le FIS-RDC devrait s’y impliquer. Nous lançons cette réflexion à l’intention des décideurs congolais, du cercle des scientifiques et du monde des affaires. Nous y reviendrons.

Pold LEVI
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Journaliste professionnel

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