Kinsuka Power, Sakombi soutient Yves Kabongo pour sortir Kinshasa de ténèbres

Selon le département de distribution d’électricité pool Kinshasa de la Société Nationale d’électricité (SNEL SA), la capitale congolaise, plus de 15 millions d’habitants, accuse un déficit de 1250 MW.
Kinshasa est actuellement alimentée par une capacité oscillant entre 550 et 630 MW provenant des centrales hydroélectriques d’Inga, Zongo et Sanga, toutes situées dans la province du Kongo central. Aux grands maux, de grands remèdes.

Le ministre des Ressources hydrauliques & Électricité (RHE), Guy-Aimé Sakombi Molendo a, à la faveur de la réunion du conseil des ministres du 6 Février dernier, obtenu du gouvernement son accompagnement en vue de la réalisation du projet de construction d’une centrale hydroélectrique dans la banlieue ouest de la capitale dénommé Kinsuka Power, d’une capacité installée de 900 MW. Sakombi Molendo a, dans sa note d’information adressée notamment au Président de la République, Félix Tshisekedi, et à la première ministre,Judith Suminwa, rassuré que ,”la centrale de Kinsuka vise à réduire durablement le déficit structurel de la ville en améliorant sensiblement la disponibilité et la stabilité pour les ménages, les services publics et les activités économiques”.

Le ministre des RHE poursuit que Kinsuka Power contribuera au renforcement de la sécurité énergétique nationale en augmentant la capacité énergétique par une source renouvelable et compétitive et qu’il s’inscrit dans la logique du Pilier 4 du programme d’actions du gouvernement édicté par le Président de la République en matière de développement des infrastructures énergétiques et de l’amélioration de l’accès à l’électricité. La centrale de Kinsuka a également l’avantage de s’imbriquer, selon Sakombi Molendo, dans l’objectif du Compact énergétique RDC qui vise l’atteinte de cibles nationales pour l’accès à l’électricité et de soutenir la croissance économique.

Dans le cadre du Pacte énergétique qu'il a conçu, le ministre des Ressources hydrauliques & Électricité, Guy-Aimé Sakombi Molendo a échafaudé ce qu'il appelle mix énergétique à travers lequel il a réactivé la libéralisation du secteur de l'électricité longtemps restée en mode veille. Sakombi s'emploie, en effet,  à ce que des opérateurs privés deviennent effectivement des auto-producteurs.  

Kinsuka Power qui est déjà couvert par le certificat de conformité de l’Autorité de régulation de l’électricité (ARE) est, en effet, une joint-venture réunissant Congo Energy, filiale du Groupe Forest, et Great Lake Energy du businessman congolais, Yves Kabongo. Lors du dernier forum Makutano, Yves Kabongo s’est félicité de la diligence manifeste du ministre Guy-Aimé Sakombi Molendo, dans le traitement des dossiers et les facilités accordés aux opérateurs privés du secteur énergétique.

Son projet que certains experts qualifient de Petit Inga s’est, en effet , longtemps heurté à des blocages… plutôt ethno-politiques, d’après certaines ONG. Après les études de faisabilité réalisées en 2018, pour 3 millions de dollars, par une filiale de la firme française Engie, la société Tractabel qui a établi que les chutes de Kinsuka, à près de 25 Km du centre-ville, peuvent produire 900 MW, soit une capacité six fois plus puissante que celle de Zongo II (150 MW) dans la province du Kongo-central, à près de 250 km de Kinshasa., Yves Kabongo a tellement fait face à des ennuis que l’ONG Ligue congolaise contre la corruption (Licoco) a dénoncé des entraves ethno-politiques, des discriminations que les Congolais, de père et mère, subissent dans leur propre pays !

Alors que l’Américain Howard Buffet, fils du milliardaire Warren Buffet, a construit sa centrale hydroélectrique en plein parc de Virunga avec le soutien des gouvernements central et local du Nord-Kivu et de l’Institut Congolais pour le Conservation de la Nature (ICCN). Et suite à des accusations selon lesquelles le projet porté par Yves Kabongo est porteur d’une irrémédiable catastrophe environnementale,
la coalition des ONG «Tous pour la RDC », écrira, “nous constatons avec surprise désagréable et regret que depuis un certain temps, une campagne mensongère est menée par une armée numérique et différentes ONG internationales contre les projets hydroélectriques des Congolais, qui échappent au contrôle des prétendus régents du monde (…).

Nous demandons aux ONG de cesser de se substituer aux populations congolaises et de manipuler maladroitement l’opinion”. Dans le contrat initial, Great Lake Energy avait conclu en mars 2019 un partenariat avec un géant mondial du secteur, Power China, maison mère de Sinohydro.

Mais suite aux chinoiseries administratives, la joint-venture connut un court-circuit.

SAKOMBI, LE ROBIN DE L'ÉNERGIE


Mais l'arrivée de Sakombi Molendo aux Ressources hydrauliques & Électricité sonne le "mehr licht":  que la lumière soit! Le projet d'Yves Kabongo est remis sur la table.  " (...) avec une production annuelle moyenne estimée à 7450 GWh destinée principalement  à l'alimentation de Kinshasa, et à travers des infrastructures de transport dédiées, aux pools industriels du pays,  le coût global des investissements [de Kinsuka Power] est évalué à environ 2.8 milliards de dollars, pour un délai de réalisation de 5 ans", note le ministre des RHE.  

Outre le ministère de tutelle, l’Autorité de régulation de l’électricité et la Société nationale de l’électricité (SNEL SA ), les structures environnementales attitrées ont été associées au projet, rassure Sakombi Molendo. Le barrage hydroélectrique de Kinsuka sera, en effet, érigé à hauteur de l’île de Kwidi, qui, depuis des années, n’était habitée que par une quinzaine de familles des pêcheurs.

L’île connaît, en effet, un semblant de lotissement à l’image de toutes les îles de Pool Malebo. Tous les soucis environnementaux évoqués par des ONG internationales ont donc été balayés par une étude d’impact environnemental approfondie.

Sakombi s’emploie activement que soit établie une coordination technique entre Great Lake Energy et Congo Energy avec la SNEL pour l’intégration optimale de la centrale de Kinsuka et de ses infrastructures au réseau national ainsi que, l’alignement du calendrier de réalisation du projet avec les priorités énergétiques de Kinshasa et les zones industrielles desservies. Décidément, Sakombi Molendo tient à marquer, de mille et une lumières, son passage aux Ressources hydrauliques & Électricité.

Fin décembre 2025 , Mol, comme l’appellent ses proches, a porté Kisenso, l’une des communes populeuses et mises en paria du réseau SNEL , à la civilisation. Plus de 20.000 ménages, soit au bas mot 1,5 million de Kinois, ont été ainsi éclairés.

Et qui est Yves Kabongo ?

Ancien cadre chez le Canadien Bombardier, selon nos sources , le très réservé homme d’affaires a également été agent à la Banque nationale du Canada. D’aucuns disent qu’il serait un grand ami de Dan Getler.

Yves Kabongo est présentement à la tête d’un fonds d’investissement KBG Capital dont Great Lake Energy est une des filiales. Avec sa société The ICON Group, le businessman opère également dans la sous-traitance minière qui lui rapporterait près de 3,6 milliards d’euros l’an, rien que dans le cuivre et cobalt.

Yves Kabongo dispose également de sa propre société Bankers Cobalt corporation dans le Grand Katanga où il envisage de construire un autre barrage de 150 MW sur la Lufira. Attendons voir.

Pold Levi

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