Industrie pharmaceutique : la RDC veut devenir le pivot sanitaire de l’Afrique centrale et australe

La République Démocratique du Congo accélère sa mue économique en misant résolument sur la souveraineté sanitaire. Longtemps dépendant des importations, le pays ambitionne désormais de s’imposer comme un acteur industriel majeur dans la production de médicaments en Afrique.

Au cœur de cette stratégie figure un objectif clair : produire localement l’essentiel des médicaments consommés par les plus de 120 millions de Congolais. Aujourd’hui encore, plus de 80 % des produits pharmaceutiques sont importés.

Une situation que les autorités entendent corriger en développant une industrie nationale capable de fournir des antipaludiques, des antibiotiques, des antirétroviraux et d’autres produits essentiels à moindre coût et en quantité suffisante.


Cette vision a été réaffirmée lors d’un panel de haut niveau consacré à la production pharmaceutique et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Le Ministre de la Santé Publique, Samuel Roger Kamba, y a plaidé pour une approche intégrée, alliant réformes réglementaires et solutions logistiques adaptées aux réalités du terrain. Selon lui, la souveraineté sanitaire de la RDC dépendra de la capacité du pays à faire parvenir des médicaments de qualité, fabriqués localement, jusqu’aux zones les plus reculées.

Avec sa position géographique stratégique et son vaste marché intérieur, la RDC se présente comme une plateforme naturelle pour l’industrie pharmaceutique régionale. Située au croisement des grands axes reliant l’Atlantique à l’Afrique de l’Est, elle offre un accès privilégié à un bassin de plus de 300 millions de consommateurs en Afrique centrale et australe.

Pour attirer les investissements, le gouvernement a mis en place un cadre jugé favorable. Les Zones économiques spéciales (ZES), notamment celles de Maluku et de Lubumbashi, proposent des avantages fiscaux et administratifs pour l’implantation d’unités de production.

Parallèlement, le pays s’aligne sur les normes internationales de qualité, notamment celles de l’OMS et les bonnes pratiques de fabrication GMP , afin de rendre ses produits compétitifs sur les marchés d’exportation.
Au-delà du simple conditionnement, la stratégie nationale vise une intégration complète de la chaîne de valeur, incluant la recherche et développement ainsi que la production de principes actifs.

Pour les autorités, investir dans l’industrie pharmaceutique congolaise revient à soutenir non seulement une opportunité économique, mais aussi la stabilité sanitaire du continent.
Dans cette optique, Kinshasa lance un appel aux partenaires internationaux, en particulier aux investisseurs d’Afrique du Sud et des pays émergents, pour bâtir une industrie pharmaceutique congolaise forte, autonome et tournée vers l’avenir.

D’orah kabadi

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