Judith Suminwa peut se féliciter de compter dans son équipe gouvernementale, un attaquant qui a su faire preuve de l’efficacité de l’action gouvernementale dans la continuité : Guy-Aimé Sakombi Molendo, actuel ministre des Ressources hydrauliques & Électricité, qui, entre juin 2024 et août 2025, était aux Hydrocarbures, avec détermination “de changer le destin économique de la RDC ” , pour reprendre les termes d’un article du très sérieux Jeune Afrique.
Juste quatre mois après son transfert au maroquin anciennement appelé Énergie, sa remplaçante, Acacia Bandubola Mbongo, annonce que les recettes des hydrocarbures ont connu un accroissement de plus de 1700%, passant de 4 milliards de FC, soit 1.600.000 USD à fin 2024 à 80 milliards, soit plus de 32 millions USD, à fin 2025. Autant qu’Acacia Bandubola, le ministre des Finances , Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, a reconnu l’effet boosteur du marquage moléculaire dans la zone sud-est sur l’embellie financière du secteur des hydrocarbures.
Fin août 2024, à la faveur d’une mission de service à Kolwezi, au Lualaba, Guy-Aimé Sakombi Molendo déclarait, urbi et orbi, :
“… 80% du volume de consommation du carburant sont les miniers et donc ce sont surtout eux qu’on doit contrôler pour voir si les produits sont marqués, ça veut dire si les produits ont suivi la traçabilité voulue en payant les taxes et en étant en ordre ».
Et l’alors ministre des Hydrocarbures de lancer le Programme de Marquage Moléculaire des Produits Pétroliers PMMPP en sigle. Le cabinet Bandubola rapporte, en effet, les actions menées par le ministère ont permis de réduire la fraude auprès des opérateurs économiques qui détournaient le carburant à usage domestique pour la consommation des sociétés minières :
“Ce dispositif de Marquage Moléculaire, dira Sakombi à l’étape de Lubumbashi, est une réponse concrète et efficace face aux cartels qui privent l’État de revenus substantiels. Il s’agit d’un pas décisif vers une meilleure gouvernance des ressources pétrolières, au bénéfice du développement de notre pays ».
Le volume de consommation est passé de 65.000 m³ en 2024 à près de 200.000 m³ en 2025. Pour mémoire , Aimé Sakombi Molendo a, en effet , activé, le 26 mai 2025, la phase répressive du Programme de Marquage Moléculaire des Produits Pétroliers dans la zone sud. Tolérance zéro, avait-il averti, sera désormais de mise contre les fraudeurs, précisant que les contrevenants s’exposeront à des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de leur agrément.
Sakombi a procédé à l’inauguration du site de marquage moléculaire « Lushi 1 », une plateforme capable de traiter entre 40 et 50 véhicules. Et, à la queue leu leu, Sakombi s’est rendu dans plusieurs stations-service, notamment Angelo Petroleum et Mulykap, pour superviser personnellement les tests de marquage. Le système des scellés électroniques qu’il a installé, repose sur des technologies avancées : modules GPS, communication GSM, et application RFID :
“Il permet de suivre en temps réel les mouvements des camions-citernes, tout en garantissant l’inviolabilité du chargement. Ce verrouillage numérique vise à prévenir les manipulations illicites en cours de route. Ce programme permet non seulement de remonter l’origine de chaque litre de carburant, mais aussi d’identifier rapidement les fraudes », avait fait comprendre Sakombi Molendo.
Matadi, Boma, Muanda, et même Bukavu, avant l’occupation rwandaise, Sakombi y a été pour lutter contre la contrebande pétrolière. Et il est une évidence, l’élu de Lisala, partout où il est passé comme Ministre notamment aux Affaires foncières, a posé les jalons des réformes qui ont boosté des recettes de l’État. Sakombi a également légué à Bandubola, un ambitieux chantier de réforme portant cette fois sur le secteur des pétroliers producteurs.
Fin juillet 2025, Sakombi avait, en effet, lancé les travaux de révision du code des Hydrocarbures du 1er août 2015, qui dix ans après son entrée en vigueur, accusait de profondes lacunes et insuffisances que Sakombi avait déclinées en dix points, à savoir, le régime d’attribution des droits confus qui révèle de nombreux vides juridiques, l’’ambiguïté et la lourdeur de la procédure d’appel d’offres, les lacunes du régime de transport des produits pétroliers, alors que le transport constitue l’un des facteurs-clés de l’approvisionnement dans un pays aussi large et enclavé qu’est la RDC.
Autres lacunes, Sakombi cite la fiscalité exigeante et non incitative, notamment l’obligation de payer plusieurs bonus avant même l’attribution des droits, la fiscalité hybride (4 zones fiscales, 6 bonus, 5 éléments de partage de la production, 6 contributions, 2 provisions et 6 impôts et taxes additionnels), l’absence de critères techniques objectifs pour la catégorisation des blocs.
Il y ajoute, l’absence de mécanisme précis pour le calcul et la constitution du coût d’abandon, le déficit de suivi et de contrôle des activités d’exploration et d’exploitation, l’absence d’un fonds en faveur des générations futures ainsi que l’inexistence physique des stocks stratégiques et de sécurité des produits pétroliers. Nous y reviendrons.
Pold LEVI
