Liberté de la presse en RDC : 2026, l’année du passage à l’acte

L’année 2026 est annoncée comme celle de l’opérationnalisation effective de la loi du 13 mars 2023 portant sur la liberté de la presse en République Démocratique du Congo. Cette orientation majeure découle de la principale recommandation issue de la session d’évaluation tenue en décembre 2025 à Kinshasa, consacrée au suivi des conclusions des États généraux de la presse organisés en janvier 2022, rapporte l’Agence congolaise de presse ACP.

À l’issue de cette session, les autorités ont réaffirmé leur engagement à appliquer pleinement cette loi, considérée comme un pilier de l’assainissement du secteur médiatique. Selon l’ACP, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katambwe, a souligné que la priorité du Gouvernement reste la professionnalisation du secteur, en mettant le journaliste au centre de la réforme :

« La salubrité médiatique commence par l’homme au cœur du métier. Nous avons engagé des discussions pour accompagner, dès le début de l’année 2026, la mise à disposition de la carte de presse professionnelle aux journalistes », a déclaré le ministre, cité par l’ACP.

Le patron de la Communication et Médias a également indiqué que des concertations sont en cours, notamment avec la Cour constitutionnelle, afin de clarifier le cadre juridique lié au statut du journaliste en République Démocratique du Congo.

Vers l’application intégrale de la loi

Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une application complète de la loi sur la liberté de la presse, estimant qu’elle a profondément modernisé le cadre légal de l’exercice du journalisme en RDC.

 D’après l’ACP, cette loi a renforcé les mécanismes de régulation, consacré les droits et devoirs des journalistes et posé les bases de la viabilité économique des médias.

Dans cette optique, plusieurs textes d’application sont actuellement en cours d’examen, notamment ceux relatifs aux redevances applicables aux médias associatifs, communautaires et confessionnels. 

Des arrêtés interministériels sur la fiscalité des médias, ainsi que l’analyse des droits et taxes à l’importation des intrants nécessaires à la production médiatique, font également l’objet de discussions avec les experts de la Direction Générale des Recettes Administratives, Domaniales, judiciaires et de participation DGRAD , selon la même source.

Pour le ministre, la salubrité médiatique constitue l’un des axes majeurs de l’action gouvernementale.

Il a enfin rappelé, toujours selon l’ACP, que le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait instruit, lors du 73ᵉ Conseil des ministres, la mise en place sans délai d’un mécanisme formel de communication officielle, afin de prévenir la diffusion de propos discriminatoires dans la communication politique.

Avec l’entrée en vigueur effective de la loi de 2023, l’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape charnière vers une presse plus professionnelle, mieux encadrée et pleinement engagée dans la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo.

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