La hausse persistante des prix des produits agricoles à Kisangani dans la Province de la Tshopo trouve désormais une explication majeure : le dérèglement climatique.
Dans une récente analyse, l’Union des Producteurs Agricoles de Kisangani (UPDKIS) alerte sur les conséquences des perturbations climatiques qui ont fortement affecté les récoltes dans plusieurs zones agricoles de la province de la Tshopo.
Selon Quadratus Mugaza, président de l’UPDKIS, les anomalies climatiques enregistrées au cours de l’année 2025 ont profondément bouleversé le calendrier agricole habituel.
Des pluies excessives observées en Septembre ont été suivies d’une longue période de sécheresse entre Octobre et Décembre, une situation inhabituelle qui a compromis la croissance des cultures vivrières, notamment le riz et le maïs.
Dans plusieurs villages du territoire d’Opala, considéré comme le principal grenier agricole de la Tshopo, de nombreux producteurs n’ont pas pu poursuivre les activités de la saison culturale B après les semis réalisés entre Mars et Avril pour la saison A.
Résultat : les récoltes ont considérablement baissé, entraînant une raréfaction des denrées alimentaires sur les marchés de Kisangani.
Pour les acteurs du secteur agricole, cette situation constitue un sérieux avertissement sur les effets du changement climatique en République Démocratique du Congo.
À cela s’ajoutent d’autres difficultés structurelles telles que la dégradation avancée des routes de desserte agricole, les pertes post-récoltes ainsi que les tracasseries administratives et policières qui découragent les producteurs ruraux.
Face au risque grandissant d’une crise alimentaire dans la province, l’UPDKIS appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes et durables pour renforcer la résilience du secteur agricole.
Parmi les recommandations formulées figurent notamment :
- la modernisation du secteur agricole à travers des textes réglementaires adaptés ;
- l’organisation des agriculteurs en coopératives afin d’améliorer la production et la commercialisation ;
- l’appui en intrants agricoles selon les différentes filières ;
- l’augmentation du budget alloué à l’agriculture ;
- la réhabilitation des routes de desserte agricole pour faciliter l’évacuation des récoltes ;
- la construction de greniers de conservation afin de limiter les pertes post-récoltes ;
- ainsi que la promotion d’une agriculture durable pour lutter contre la destruction des forêts liée à l’agriculture sur brûlis.
Quadratus Mugaza encourage également les producteurs à adopter la culture du riz irrigué, une pratique déjà expérimentée dans certaines localités du territoire d’Opala, afin de mieux faire face aux aléas climatiques.
Le Président de l’UPDKIS prévient que sans réponses concrètes aux effets du changement climatique, les prix des produits agricoles pourraient continuer à augmenter d’ici 2030, avec des conséquences directes sur la sécurité alimentaire des populations.
Pour rappel, la flambée des prix observée à Kisangani a déjà un impact visible sur les marchés. Le prix d’un gobelet de riz est passé de 1 000 FC à près de 2 000 FC entre septembre 2025 et mai 2026. La farine de maïs est montée de 400 FC à 800 FC le gobelet, tandis qu’une bouteille d’huile de palme se vend actuellement entre 1 800 et 2 000 FC.
Gabriel Makabu
Correspondant/ Kisangani
