La consolidation de la paix en République Démocratique du Congo passe aussi par le dialogue, la restauration de la confiance et la recherche de réponses communes aux crises qui fragilisent le pays. La Commission diocésaine Justice et Paix de l’Archidiocèse de Kisangani a consacré, Samedi 19 Septembre, une journée de réflexion à ces enjeux, à quelques jours de la Journée internationale de la paix célébrée ce Lundi 21 Septembre.
Organisée au Centre diocésain de pastorale, dans la commune de Makiso, cette rencontre avait pour objectif d’alimenter la réflexion sur l’organisation du dialogue national et les conditions nécessaires à une paix durable en RDC.
Cette activité s’inscrit dans le cadre de la deuxième édition de la Journée nationale de Justice et Paix, une initiative portée par les évêques de l’Église catholique en lien avec la Journée internationale de la paix des Nations unies.
Selon Cosmas Kono, Directeur de la Commission diocésaine Justice et Paix de l’Archidiocèse de Kisangani, plusieurs activités sont prévues à cette occasion, notamment une récollection, une conférence et une messe de clôture.
La journée de réflexion s’est tenue autour du thème : « Investir pour la paix afin de bâtir une RDC plus juste, l’égalité et la liberté de tous et de toutes ».
Dépasser les fractures et restaurer la confiance
Pour Cosmas Kono, les crises auxquelles la RDC est confrontée imposent de privilégier la concertation et l’action collective :
« La RDC fait face à plusieurs défis à relever pendant ces jours. Il y a le déplacement forcé massif de la population, les fractures sociales, les tensions communautaires ainsi que les difficultés liées à la gouvernance et à la sécurité. Face à ces réalités, nous devons réfléchir ensemble autour d’une table, dialoguer et agir », a-t-il déclaré.
Les participants ont notamment réfléchi à la légitimité du processus de dialogue et au rôle de celui-ci comme mécanisme permettant au peuple congolais de participer à la définition de son avenir.
Trois principales thématiques ont structuré les échanges : le dépassement des clivages pour restaurer la confiance, le dialogue intercongolais au service de la cohésion sociale et du développement, ainsi que le dialogue intercongolais pour la sécurité nationale et la restauration de l’autorité de l’État.
Intervenant sur la question des clivages, le professeur Casimir Ngumbi a insisté sur la nécessité de promouvoir une véritable inclusivité dans le processus de dialogue. Il a également appelé à identifier clairement les différentes parties prenantes et à reconstruire la confiance, aussi bien entre les acteurs qu’entre ceux-ci et la population. De son côté, le professeur Jean-Pierre Lifoli, de l’Université de Kisangani, a développé la question du dialogue intercongolais comme levier de renforcement de la sécurité nationale et de restauration de l’autorité de l’État.
La jeunesse au cœur de la reconstruction
L’abbé Victor Mbatu, Directeur du Centre diocésain de pastorale de l’Archidiocèse de Kisangani, s’est, pour sa part, penché sur les enjeux du dialogue intercongolais en matière de gouvernance politique et économique.
Pour lui, le dialogue national doit constituer un cadre de réconciliation et de reconstruction susceptible de contribuer à l’amélioration de la gouvernance, à la restauration de la paix et de l’intégrité nationale, ainsi qu’au rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones sous contrôle des groupes armés.
L’abbé Victor Mbatu a particulièrement insisté sur la place de la jeunesse dans ce processus. Selon lui, cette question doit être considérée comme transversale, notamment en matière d’éducation, de numérique, d’agriculture et de technologie.
Il a également plaidé pour une transformation du modèle économique congolais, invitant le pays à passer d’une « économie de prédation » à une économie de production.
La rencontre a enfin mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’indépendance et l’efficacité de la justice, tout en veillant au respect durable de la Constitution et des institutions de la République.
À travers cette journée de réflexion, la Commission diocésaine Justice et Paix entend ainsi contribuer à la mobilisation citoyenne autour du dialogue, à l’éveil des consciences et à la recherche de réponses aux défis qui affectent la société congolaise.
Gabriel Makabu, correspondant / Kisangani
