« La paix est possible. Elle commence par toi, par moi, et elle commence aujourd’hui. » Au 72ᵉ jour d’un périple de 14.000 kilomètres destiné à promouvoir la paix et l’unité en République Démocratique du Congo, Miguel Masaïsaï portait encore ce message quelques heures avant de perdre la vie.
Son voyage devait le conduire jusqu’à Rabat, au Maroc. Mais la route s’est brutalement arrêtée.
Avec sa disparition, c’est un parcours personnel qui prend fin, mais aussi un plaidoyer qui interpelle désormais au-delà de celui qui le portait.
Miguel avait choisi la route et les pédales pour faire entendre une conviction : la paix ne peut se construire dans la haine, le tribalisme ou la fragmentation de la société. Elle passe par le dialogue, l’écoute et la capacité des Congolais à se parler malgré leurs différences.
Cette disparition ravive une mémoire nationale douloureuse. Celle de ces hommes dont l’engagement pour le Congo a survécu à leur propre existence. Patrice Emery Lumumba, dans sa célèbre lettre à Pauline, avait inscrit son combat dans une perspective qui dépassait sa personne : celle d’un Congo libre, uni et maître de son destin.
Des décennies plus tard, le sacrifice de Mamadou Ndala, puis celui d’autres figures engagées dans la défense de la nation et la quête de paix, rappellent la fragilité de la vie face aux grandes causes nationales.
Buana Tshuyi, Idengo, Miguel Masaïsaï : les noms changent, les circonstances aussi, mais la question demeure : que fait-on du message laissé derrière ceux qui disparaissent ?
Miguel n’achèvera pas les 14.000 kilomètres qui devaient le mener à Rabat. Il n’écrira pas le dernier chapitre de ce voyage.
Mais son parcours laisse une responsabilité à ceux qui restent : transformer son appel à l’unité, au dialogue et au rejet de la haine en actes.
La route de Miguel s’est arrêtée. Son message, lui, n’est pas obligé de s’arrêter avec elle.
Lionel IPAKALA Y.
