La Régie de distribution d’eau de la République Démocratique du Congo (REGIDESO) s’engage dans un nouveau projet industriel. Le Directeur Général de cette entreprise publique, David Tshilumba, a annoncé le lancement d’un appel d’offres pour la construction d’une usine de production d’eau en bouteille appartenant à la société.
Dans une interview accordée à un média local, le responsable de la REGIDESO a précisé que ce projet s’inscrit dans une stratégie de diversification des activités afin de renforcer les capacités financières de l’entreprise.
Selon David Tshilumba, plusieurs unités de production d’eau embouteillée seront progressivement implantées dans différentes villes du pays. La première, et la plus importante, devrait voir le jour à Kinshasa, où le démarrage des travaux est envisagé dans un délai de trois à quatre mois.
Le dirigeant de la société a également indiqué qu’un système spécifique de recyclage des bouteilles sera mis en place afin de limiter l’impact environnemental du projet :
« Nous prévoyons un modèle de recyclage différent, car nous ne voulons pas que les bouteilles de la REGIDESO se retrouvent dans les caniveaux », a-t-il assuré.
Rééquilibrer un marché dominé par les embouteilleurs privés
Ce projet découle d’un constat dressé lors d’un conseil d’administration tenu en 2024. La REGIDESO fournit actuellement de l’eau brute à des entreprises privées qui la traitent et la commercialisent sous forme d’eau en bouteille.
Selon la Direction Générale, ces sociétés acquièrent l’eau à moins d’un dollar le mètre cube, avant de la revendre après filtration et ozonisation à un prix nettement plus élevé sur le marché.
Face à cette situation, l’entreprise publique a décidé de lancer sa propre marque d’eau embouteillée afin de capter une partie de cette valeur ajoutée.
Réduire la dépendance financière vis-à-vis de l’État
La REGIDESO, devenue une Société Commerciale chargée d’un service public, cherche également à sécuriser ses ressources financières. Le Directeur Général souligne que l’État, principal consommateur d’eau, représente entre 25 et 30 % de la production, mais ne règle ses factures que trois mois sur douze.
Dans ce contexte, l’entreprise explore plusieurs pistes de financement pour soutenir son développement, notamment à travers des partenariats avec des institutions et pays partenaires tels que la Corée du Sud, le Japon, l’Allemagne, la France et la Chine, ainsi qu’avec la Banque mondiale.
De nouveaux services financiers en réflexion
Parallèlement, la REGIDESO étudie la possibilité de développer des services d’intermédiation financière. Avec plus de 800.000 abonnés, l’entreprise estime disposer d’un potentiel important pour proposer des services complémentaires à sa clientèle, à l’image de ce qu’ont déjà réalisé certains opérateurs de télécommunications.
À travers ces initiatives, la société ambitionne avant tout de consolider son cœur de métier : la fourniture d’eau potable et l’extension de la desserte sur l’ensemble du territoire national, dans un contexte où la construction d’une usine de traitement de taille moyenne peut nécessiter plus de 80 millions de dollars d’investissement.
Laurette Mandala Kisolokele
