Dans une réaction publiée sur son compte X, India Omari, figure de l’opposition congolaise, a vivement critiqué la prestation de la Première ministre Judith Suminwa lors de son interview sur TV5 Monde, consacrée à la question sensible de l’accueil de migrants en République Démocratique du Congo (RDC).
Selon lui, cette sortie médiatique a révélé « un manque criant de maîtrise » sur un dossier pourtant stratégique et à forte portée sécuritaire. Il estime que les réponses apportées par la Cheffe du Gouvernement n’ont pas permis d’éclairer l’opinion publique, suscitant au contraire des inquiétudes quant à la gestion de cette problématique complexe.
India Omari souligne que cette question relève du droit international humanitaire, qu’il distingue du « droit humanitaire international », une terminologie qu’il juge impropre, et nécessite une expertise approfondie. Il recommande ainsi aux autorités congolaises de s’appuyer sur des instruments juridiques internationaux clés, notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, celle de 1954 sur les apatrides, la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, ainsi que la Convention de 1969 sur le droit des traités.
L’opposant met également en avant les implications géopolitiques du dossier, évoquant des précédents historiques et internationaux où des questions mal maîtrisées ont engendré des tensions durables. Pour lui, l’absence de réponses claires sur les modalités d’accueil, le statut des migrants et les responsabilités des États d’origine pose un problème de transparence.
Il insiste par ailleurs sur la nécessité de distinguer clairement réfugiés, demandeurs d’asile et apatrides, rappelant que le franchissement de plusieurs frontières peut modifier le statut juridique des personnes concernées.
Dans ce contexte, il s’interroge sur le rôle des États d’origine qui refuseraient de reconnaître leurs ressortissants, ainsi que sur la gestion du dossier par les autorités congolaises.
Selon lui, il s’agirait plutôt d’un processus de réinstallation en collaboration avec le HCR, impliquant de facto une dimension multilatérale. Il interpelle le gouvernement sur la nécessité de bien encadrer ce processus afin d’éviter des conséquences similaires à celles observées lors des vagues migratoires des réfugiés hutus rwandais en 1994, dont l’impact continue d’influencer la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.
India Omari appelle enfin à un renforcement de l’expertise au sein des institutions publiques, notamment par l’intégration de conseillers spécialisés en diplomatie et en stratégie. Il suggère également un contrôle parlementaire, invitant un député à initier une motion afin d’obtenir des explications claires du Gouvernement sur ce qu’il qualifie de « deal » autour de l’accueil des migrants.
Pour l’opposant, dans une posture jugée républicaine par plus d’un observateur, la RDC doit faire preuve de rigueur et de compétence dans un contexte international de plus en plus exigeant, au risque de subir des conséquences politiques, sécuritaires et diplomatiques.
Lionel IPAKALA Y.
