Une nouvelle zone de turbulence secoue l’Union sacrée de la Nation (USN). Le Secrétaire Permanent de la plateforme présidentielle, le professeur André Mbata Mangu, est monté au créneau pour dénoncer la démarche de certains députés visant une motion de défiance contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur.
Dans un message adressé aux élus membres de la majorité, le Mardi 14 Avril à 17h35, il affirme n’avoir jamais été informé d’une telle initiative. Il rappelle que tous les membres de l’Union Sacrée de la Nation ont signé un acte d’engagement ainsi qu’un serment de loyauté envers le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Qualifiant cette démarche d’« inacceptable », André Mbata souligne qu’elle vise un haut responsable du Gouvernement, considéré comme le numéro deux de l’exécutif au sein de la majorité. Il insiste sur la nécessité d’une concertation préalable avant toute initiative d’une telle portée.
Le secrétaire permanent estime par ailleurs que ce type d’action reste rare, même dans les démocraties les plus anciennes, dans le cadre du contrôle parlementaire. Il rappelle que l’Union Sacrée de la Nation est une réalité politique qui exige cohésion et discipline.
Cependant, cette prise de position soulève des interrogations au sein de l’opinion et de la classe politique. Certains observateurs avertis s’interrogent notamment sur la cohérence de cette posture avec l’histoire politique de l’UDPS, longtemps dans l’opposition face aux pratiques du régime de Joseph Kabila.
À quoi aura servi, en effet, le long combat de l’opposition contre les entraves à l’exercice parlementaire si, aujourd’hui, des initiatives pourtant prévues par les mécanismes démocratiques sont contestées avant même leur examen ?
Cette situation relance le débat sur la liberté d’action des députés au sein de la majorité.
Par ailleurs, des voix s’élèvent pour rappeler qu’une motion de défiance ne signifie pas automatiquement la déchéance du ministre visé.
Elle constitue avant tout un mécanisme de contrôle parlementaire qui peut aboutir, après débat et vote, à des conséquences politiques, sans pour autant entraîner systématiquement une destitution.
Dans son message, André Mbata a invité les députés signataires de cette motion contre le VPM de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, à retirer leur initiative.
Cette sortie met en évidence des divergences internes au sein de la majorité présidentielle, à un moment où l’unité apparaît plus que jamais déterminante pour la stabilité politique.
Lionel IPAKALA et Cadhy Mboma
