Une nouvelle tempête politique secoue l’Assemblée Nationale Congolaise. Ce Lundi 13 Avril, l’honorable Yangotikala Senga Lady a déposé une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. En toile de fond : une insécurité persistante dénoncée sur l’ensemble du territoire national, avec un accent particulier sur la ville-province de Kinshasa.
Une procédure encadrée par la loi
Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, notamment l’article 235, plusieurs conditions strictes régissent cette démarche parlementaire.
D’abord, l’alinéa 5 précise que la motion de défiance n’est recevable que si elle est soutenue par au moins un dixième des députés nationaux.

Ce seuil garantit que l’initiative repose sur un appui parlementaire significatif.
Ensuite, l’alinéa 6 impose un délai de 48 heures entre le dépôt de la motion et son examen en plénière.
Ce temps permet aux élus d’analyser les griefs formulés contre le membre du Gouvernement concerné.
Enfin, l’alinéa 7 stipule que la motion ne peut être adoptée qu’à la majorité absolue des membres de l’Assemblée Nationale, une exigence qui renforce la légitimité d’une éventuelle décision.
Une issue sans équivoque en cas d’adoption
L’article 236, en son alinéa 2, est tout aussi clair : lorsqu’une motion de défiance est adoptée, le membre du Gouvernement visé est réputé démissionnaire. La décision devient alors contraignante, entraînant automatiquement son départ du Gouvernement après transmission officielle aux autorités compétentes.
Une critique récurrente au sein de l’UDPS
Cette motion intervient dans un contexte politique délicat pour l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Jacquemin Shabani lukoo devient ainsi le troisième ministre de l’Intérieur issu de ce parti après Daniel Aselo, Peter Kazadi, à être jugé en deçà des attentes populaires, particulièrement sur la question cruciale de la sécurité intérieure.

Pourtant, l’UDPS s’était dotée, bien avant son accession au pouvoir, d’un cadre stratégique ambitieux impulsé par Étienne Tshisekedi wa Mulumba, avec un ambitieux programme appelé ” le Programme de Gouvernance de l’Udps” . Ce programme, conçu comme une véritable boussole de gouvernance, visait à éviter toute improvisation une fois aux affaires.
Élaboré avec la contribution de figures clés telles que Valentin Mubake et feu Justin Koni, qui l’a magistralement bouclé, ce projet incarnait une vision structurée et anticipative de l’exercice du pouvoir. D’où est passé ce boussole ?
Entre promesses et réalités
Aujourd’hui, le contraste entre cette vision initiale et la situation sécuritaire actuelle alimente le débat public et parlementaire. La motion déposée pourrait ainsi constituer un tournant, non seulement pour Jacquemin Shabani, mais aussi pour la crédibilité de l’action gouvernementale en matière de sécurité.
Le compte à rebours est désormais lancé : dans les prochaines 48 heures, l’Assemblée Nationale devra trancher. Une décision attendue, tant par la classe politique que par une population en quête de réponses concrètes face à l’insécurité grandissante.
Lionel IPAKALA et Cadhy Mboma
