Suminwa, sois belle et tais-toi…jusqu’où ?

  • Sois belle et tais-toi! Que ce soit ce tube de Gainsbourg ou ce film éponyme de Marc Allégret sorti…un certain 7 Avril 1958, il est une certaine sournoiserie réductrice de l’élite féminine dans la res publica. En RDC, l’action gouvernementale s’y prête à bien des égards. L’on dirait que le rôle de la première ministre Juidith Suminwa Tuluka se love dans le protocolaire, chaque ministre n’en faisant qu’à sa tête. Voilà deux ans que la première femme trône à la primature, mais dans l’effectivité, tout rime à un poisson d’avril, la première femme première ministre au Congo, a été nommée, il sied de rappeler, un certain 1 er Avril 2024. Les agissements de nombre de ces ministres laissent à penser à la Pétaudière, la Cour du roi Pétaud, dans un roman de Rabelais sinon dans la pièce Tartuffe de Molière, où tout le commande, personne n’obéit.

En clair , un Gouvernement de « Kipe yayo ». Il urge, face à la crise socio-économique qui perdure, que Félix Tshisekedi prenne des décisions qui s’imposent, le critère de la masculinité positive dont il est champion d’Afrique ne suffit plus.

Tout est dans le casting, aime à répéter notre confrère, « Le Soft International». Le 7 Avril dernier, le dysfonctionnement de la solidarité gouvernementale aura été à son sommet paroxystique.
Tenez. Selon l’article 95 de la loi n° 20 /017 du 25 Novembre 2020 relative aux télecoms et aux TIC, l’initiative d’identification des abonnés revient exclusivement au ministre des Pt&Ntic, en l’occurrence, José Mpanda Kabangu.

Curieusement, son collègue, préséant tout de même, Jacquemin Shabani Lukoo, VPM de l’Intérieur & Sécurité, ne l’a pas associé, même pas son Dircab, à la réunion qu’il  a présidé le Mardi 7 Avril 2026 sur la constitution d’une banque des données fiables des abonnés GSM pour juguler l’insécurité avec son corollaire du phénomène kidnapping contre rançon. Le VPM a préféré le président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) , les opérateurs des quatre réseaux de télécommunications en RDC ( Africell, Airtel, Orange et Vodacom) ainsi que les services de sécurité .

Les échanges ont porté sur les mécanismes qui encadrent l’achat, la vente et l’utilisation des cartes SIM en République Démocratique du Congo, après avoir enregistré plusieurs cas de criminalité liés à l’utilisation de SIM par des malfrats qui procèdent facilement à l’usurpation d’identité. Des questions qui relèvent toutes de la compétence du ministre de tutelle, celui des Pt&Ntic.

Des experts doutent alors de la légalité de toute décision qui serait prise au terme de cette réunion. Autre confusion dans l’équipe Suminwa, José Mpanda a été signé en Chine, le même Mardi 07 Avril 2026, un mémorandum d’entente (MoU) avec la société des télécommunications chinoise Unicom Airnet, filiale de l’opérateur public chinois China UNICOM, pour la construction d’un satellite souverain des télécommunications pour la RDC.

Pourtant, sept mois plus tôt, le 30 Août 2025, José Mpanda avait accompagné son collègue de l’Economie numérique, Augustin Kibassa Maliba auprès du Président de la République, pour lé présenter un délégué de la firme Monaco Sat, en la personne du Gabonais Jean-Philippe Amvame Ndong, en vue l’acquisition du satellite pour la RDC au coût de 400 millions $US.
Contacté par le desk Ecofin de la unefm.cd .cd, un membre du cabinet du ministre Mpanda nous a écrit que « le satellite rentre dans les infrastructures et non dans les numériques ».

En d’autres termes, Augustin Kibasa avait usurpé les prérogatives de José Mpanda. Toutefois, l’un et l’autre projets d’acquisition de satellite n’ont jamais été présentés au Conseil des ministres. Le seul projet satellitaire validé par le conseil des ministres avec l’aval de Félix Tshisekedi, lors de la réunion du 12 février 2022, est celui de Spacebel (après appel d’offre international) porté, à l’époque, par le ministre de la Recherche scientifique qui était José Mpanda, le même ! Chiffré à 100,6 millions $US, Gilbert Kabanda Kurhenga, successeur de Mpanda à la Recherche scientifique zappe toutes les directives de l’Autorité de régulation des marchés publics et déclare le projet infructueux.

Le 10 Décembre 2024, alors que Judith Suminwa Tuluka est première ministre depuis six mois, Kabanda, de passage au Sénat suite à une question orale lui posée, soutient qu’ «une procédure d’acquisition d’un satellite propre à la RDC est en cours. Une commission avait été mise en place pour en examiner les caractéristiques, pour un crédit de 20 millions $US des fonds issus de la Sicomines ». Pourtant, jamais, un tel projet n’avait été débattu en réunion du Conseil des ministres.
Autre confusion entre membres du gouvernement Suminwa, toujours le même 7 Avril.

La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo, a inauguré à Boma, au Kongo central, les cliniques universitaires de l’Université du nom de Joseph Kasa-Vubu, en ignorant le ministre de tutelle, celui de la Santé publique, le Dr Samuel Roger Kamba. Mme Sombo ne badine pas avec ses prérogatives. Elle la joue solo, tant pis pour personne. Quelques jours plus tôt, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo, s’est rendue à Kolwezi en proie à des émanations radioactives du fait de la pollution minière, en soutenant que cet aspect des mines relevait de ses prérogatives.

Aucun mot à Louis Kabamba Watum, ministre de tutelle, encore moins à sa collègue de l’Environnement, Développement durable & Nouvelle économie du climat, la prof Marie Nyange Ndambo. Cette dernière a, à son tour, regretté, devant l’Assemblée nationale, combien « une approche interministérielle et une meilleure coordination entre les différentes structures concernées » faisaient défaut dans la lutte contre la pollution minière.

Le même 7 Avril, le ministre des Mines a cru innover en instaurant une redevabilité trimestrielle aux entités de l’administration minière (CAMI, FOMIN, SAEMAPE, etc.,) pourtant la publication trimestrielle des recettes issues de l’exploitation des ressources naturelles (bois, hydrocarbures et mines) a déjà été convenue depuis les années 2002-2003 avec la Banque Mondiale et confiée au ministre des Finances, en l’occurrence Doudou Fwamba. Par ailleurs, la trésorerie nationale et la chancellerie nationale de l’échiquier ne semblent guère s’accorder sur les emprunts obligataires et optent se lancer des espiègleries par médias sociaux interposés. Aux Sports & Loisirs, Didier Budimbu a regretté au Conseil des ministres de ne pas avoir été associé dans l’élaboration de nouvelles règlementations de jeux du hasard relevant pourtant de sa compétence.

Le 7 Avril, encore et toujours ! Le bureau de l’Assemblée Nationale avait reçu une nouvelle loi sur les jeux de hasard.
Ces disharmonies au sein de l’exécutif soulèvent une question fondamentale: y a-t-il un capitaine à bord du navire gouvernemental?

Trêve de polémique. Soit Mme Sumionwa s’assume soit elle rend le tablier…à défaut de lui arracher.

Pold LEVI

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