Miniers pollueurs, Tshikuma rappelle le gouvernement à ses obligations

Trêve des textes, séminaires et colloques. Le député national Eric Tshikuma Mwimbayi veut des actes concrets pour contrer la dégradation continue de l’environnement à l’échelle nationale, particulièrement dans les régions de grandes activités minières:

«Je tiens à rappeler qu’audelà des textes et des discours, derrière chaque situation de pollution, il y a des villages, des familles, des enfants et tout un écosystème en danger. Nous avons, en tant que représentants du peuple, l’obligation morale et institutionnelle d’agir et de veiller à ce que le gouvernement’, joue pleinement son rôle de protection », a réplique l’élu de Kinshasa/Funa, le 2 Avril dernier, du haut de la chaire de l’Assemblée nationale, aux réponses de la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo à sa question d’actualité.

Le 19 Mars 2026, Eric Tshikuma Mwimbayi avait, en effet, déposé au bureau de la Chambre basse, une question d’actualité adressée à la ministre de l’Environnement, Développement durable & Nouvelle économie du climat, sur l’efficacité et les défis des mécanismes de protection environnementale dans le secteur minier. Quelques semaines plutôt, à la faveur de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 27 Février 2026, la première ministre, Judith Suminwa Tuluka, avait confié vouloir faire de la protection de l’environnement un axe prioritaire de l’action gouvernementale, particulièrement dans les zones d’exploitation minière.

Mais rien n’est venu sinon que la pollution des cours d’eau et de cultures vivrières et de l’air avait pris une tournure très inquiétante dans le Lualaba, dans les périphéries immédiates de la ville de Kolwezi, et dans la banlieue de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. L’honorable Tshikuma a dû réagir pour se prémunir des situations irréparables aux effets assimilables à Tchernobyl ou Fukushima.

Selon Eric Tshikuma, les réponses de Mme Nyange à sa question attestent que :

«les dispositifs légaux et réglementaires de prévention des différentes formes de pollution environnementale dans le secteur minier existent. Ils sont fonctionnels, mais ils doivent être renforcés, notamment dans une approche interministérielle et une meilleure coordination entre les différentes structures concernées ».

Des observateurs font, en effet, remarquer le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a, dans une correspondance n°/réf/CABMIN/MINES/HK/RMI/LKW/00235/2026 du 30 Janvier 2026, accordé un moratoire de deux semaines (jusqu’au 16 Février 2026) aux patrons des entreprises minières pour lui transmettre les preuves de constitution de la sûreté financière de réhabilitation de l’environnement pour leurs projets miniers respectifs . Il s’agit, en fait, des plans environnementaux approuvés de projets miniers obtenus depuis l’octroi du premier ou droit minier et/ou de carrières aux entreprises/ sociétés respectives jusqu’au 31 décembre 2025. Curieusement, le ministre des Mines n’a associé ni mis en copie sa collègue de l’Environnement, Développement durable & Nouvelle économie du climat.

Tshikuma a sans doute décelé cette lacune de collaboration, sur la question environnementale, entre les ministères sectoriels concernés :

« En ce qui concerne les défis, a-t-il dit à la suite des réponses de Mme Nyange, nous avons bien noté la nécessité de renforcer les mesures de contrainte et de réparation à l’encontre des pollueurs, ainsi que de clarifier les rôles et les responsabilités des différentes structures impliquées, notamment entre le ministère des Mines et le ministère de l’Environnement. »

Et l’élu de Kinshasa/Funa de poursuivre :

« s’agissant du rapport exhaustif sur les entreprises minières n’ayant pas respecté les normes environnementales sollicité, madame la ministre a évoqué quelques cas récents de non-respect des normes, de sanctions et de réparations intervenues depuis son entrée en fonction, et elle s’est engagée à fournir un rapport global, dans un souci de redevabilité vis à vis de la représentation nationale et de l’opinion publique».

Fin Mars dernier, en visite à Kolwezi, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo, a fait état d’une urgence radiologique suite à des émanations de gaz radiocatifs dans l’exploitation artisanale du remblai T17, un site relevant de Kamoto Copper Company (KCC). Le gouvernement n’en fait plus écho alors que dans la mouvance des organisations de la société civile, germait l’option d’une délocalisation des populations bordières du site de KCC.

A propos, le représentant du peuple élu de Kinshasa/Funa a rappelé à la ministre de l’Environnement et à ses pairs, que :

«derrière chaque situation de pollution, il y a des villages, des familles, des enfants et tout un écosystème en danger».

Eric Tshikuma a dit avoir noté que :

« (…) en exécution des instructions du Président de la République, une Commission nationale ad hoc est déjà opérationnelle au sein du ministère (de l’Environnement, Ndlr). Sa mission est de veiller à ce que les activités minières s’exercent dans le strict respect des normes environnementales en vigueur »

Pour autant, le député national tient à ce que des efforts réalisés par Mme la ministre de l’Environnement soient intensifié :

«L’objectif de notre démarche, a-t-il renchéri, était précisément d’obtenir cet éclairage pour permettre aux élus nationaux d’en tirer toutes les conséquences politiques et institutionnelles ».

Et Tshikuma de faire son apodose par ce leitmotiv :

«À partir de maintenant, nous serons particulièrement attentifs à ce que le gouvernement relève les défis constatés, traduise ces engagements en actions concrètes, visibles pour nos populations et efficaces pour la protection durable de notre environnement ».

Il urge. Car en attendant une action concrète, efficace et dissuasive du Gouvernement Central, en provinces, chaque gouvernorat s’active à sa manière contre la pollution minière, parfois même en rade du code et du règlement minier. Au Sud-Kivu, des coopératives minières ont été soumises au paiement de 5% de leur production (Arrêté provincial n°23/291/GP/SK/ du 23/10/2023 ) afin de financer les activités de réhabilitation de l’environnement.

Dans la province du Tanganyika par exemple, la quotité pour la réhabilitation de l’environnement est de 10% de la valeur de la carte de creuseurs. Il se fait malheureusement que la transparence fait défaut dans la collecte et la gestion des fonds pour la réhabilitation de l’environnement.
Au Gouvernement Central de jouer sa partition.

POLD LEVI

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