La crise s’enlise dans la Province du Haut-Katanga. Sept mois après la suspension des travaux routiers, la grogne des entreprises et partenaires publics ne cesse de s’intensifier à Lubumbashi, où plusieurs prestataires ont manifesté ce Mercredi 25 Mars 2026 devant le Gouvernorat provincial.
Parmi les acteurs mobilisés figurent notamment des représentants du Groupe Forrest, à travers sa filiale EGMF, qui réclament la reprise immédiate des chantiers. Ces travaux avaient été interrompus sur décision du Gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula.
Au cœur des tensions, des accusations de pratiques illégales. Selon plusieurs sources concordantes, la relance des projets serait conditionnée au paiement d’une rétrocommission estimée à 10 %.
Une exigence fermement dénoncée par les entreprises concernées, qui y voient un frein majeur à la poursuite des travaux et un signal alarmant en matière de gouvernance.
De son côté, l’entourage du Gouverneur intérimaire rejette catégoriquement ces allégations.
Aucune communication officielle détaillée n’a toutefois été rendue publique pour clarifier la situation, laissant persister de nombreuses zones d’ombre.
Sur le terrain, les conséquences de cette paralysie sont déjà visibles.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics tourne au ralenti, entraînant une perte significative d’activités économiques. Des centaines de jeunes, employés directement ou indirectement sur ces chantiers, se retrouvent aujourd’hui sans revenus, aggravant la précarité dans cette province clé de l’économie nationale.
Les infrastructures concernées, essentielles à la mobilité urbaine et au développement des échanges, restent inachevées, retardant ainsi plusieurs projets structurants.
Face à cette impasse, la pression monte sur les autorités provinciales.
Les manifestants exigent la levée rapide des blocages administratifs et financiers, ainsi que le respect des engagements contractuels conclus avec les entreprises.
Au-delà de ce dossier, cette mobilisation met en lumière un malaise plus profond autour de la gestion des marchés publics et de la transparence dans l’exécution des projets en Haut-Katanga.
À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite quant à une éventuelle reprise des travaux. Mais l’intensification des pressions économiques et sociales pourrait contraindre les autorités à revoir leur position dans les prochains jours.
Josué Lwambwa
Correspondant/ Haut-Katanga
