Un marronnier raté, un vrai panneau, du plat… des professionnels des médias qui ont fait des études de journalisme et de communication, à la principale école congolaise de formation aux techniques de l’information à Kinshasa, du temps de l’ISTI, actuellement Unisic, se rappelleront, en lisant l’interview de Joseph Kabila, signée Hubert Leclercq, paru dans La Libre Belgique du Lundi 23 Mars 2026, de la remarque cinglante du professeur George Wawa sur des copies d’interview, «question stupide, réponse idiote ».
Quand les prémisses sont fausses…
Hubert Leclercq écrit dans le chapeau de son interview, donc tout au début de son papier : « Joseph Kabila, président honoraire de la République Démocratique du Congo (RDC) de 2001 à 2019 a refusé tout entretien avec la presse depuis la fin de son mandat. La crise que traverse actuellement son pays l’a convaincu de recevoir La Libre Belgique à Goma ce 20 Mars ».
Faux ! Il sied tout simplement de noter que l’ancien Président congolais a accordé des interviews en anglais, à Sunday Times, fin Février 2025, et NBC News, média namibien, en mars 2025. La Libre Belgique ne peut non plus se targuer d’être le premier média francophone à qui Joseph Kabila a accordé un entretien.
Le 8 Avril 2025, il s’est entretenu avec Jeune Afrique à travers une correspondance, ont reconnu Romain Gras et Stanis Bujakera dans leur article. Nul doute, la fameuse interview de La Libre Belgique a été réalisée par écrit, totalement sinon en large partie. Et la photo y collée ne correspond pas à la morphologie physique de Joseph Kabila, de ces derniers jours.
Et la suite, que des questions tendancieuses. « En 2023, on a vu une parodie d’élection présidentielle et un silence assourdissant de la communauté internationale. Aujourd’hui, il n’y a plus de jeu politique en RDC.
Comment envisager dès lors l’avenir du pays ? », demande Hubert Leclerq à Kabila. De tous les articles sur les élections en RDC, publiés, fin Décembre 2023 par la Libre Belgique qui, souvent, recopiait la Belga, seul un article signé Leclerq faisait d’un chaos en RDC. « Elections en RDC : Tshisekedi et les « chiffres staliniens » ».
Le journaliste présenté comme appartenant à la Cellule « International » en charge des matières africaines écrivit que « la CENI poursuit la publication de résultats alors que la plupart des compilations des bulletins de vote n’ont pas commencé ». Des balivernes et loufoqueries qui méritaient des poursuites.
Hélas, la CENI n’a rien fait. Depuis, il courtise des opposants congolais fortunés. A défaut de Moïse Katumbi, il s’emploie à obtenir de petites phrases assassines auprès d’Olivier Kamitatu, etc., pour jouer au spécialiste de la RDC sur des plateaux de télé.
Voilà le jeu politique dont il a fait allusion dans l’une de ses questions vagues, bateaux à Joseph Kabila. « Monsieur le Président, une frappe de drone (…) à Goma (…) pour de nombreux observateurs, vous étiez la cible. Comment vivez-vous cette situation ?» Voilà une question typique d’un courtisan faire-valoir. L’intéressé l’a sans doute compris et a répondu « (…). Des enquêtes sont en cours ».
Ce n’est plus un secret, il n ‘y a pas que des politiciens occidentaux qui viennent en Afrique pour solliciter « un dépannage financier », de prétendus journalistes auto-proclamés spécialistes de telle ou telle région aussi. Blaise Pascal Talla n’a-t-il pas raconté sur les ondes de RFI comment il avait marqué son ras-le-bol face à des articles sponsorisés des dictateurs africains aux abois.
Il y a, en effet, lieu de s’interroger si l’interview de Leclerq a été préalablement lue par le secrétaire de rédaction ou par le rédacteur en chef de La Libre Belgique avant d’être lue ou bien c’est le côté porte-monnaie du papier qui a prévalu ? Que des questions avec des formulations non pas simples mais insidieusement orientées.
« Une scission du pays, entre l’Est et l’Ouest, pourrait-elle se produire ? ». Même un extrémiste flamand ou wallon trouverait une telle question ridicule. « Au Katanga, où la tension monte de plus en plus ? » « Mais le Katanga, province la plus riche, tient une place essentielle pour le pays… »,.
La Libre Belgique pouvait mieux faire, même en prenant position sur le Congo. Là c’est lamentablement raté.
Popol Rabuni
